VRAI OU FAUX. L'incendie de Gironde est-il un "mégafeu" ? Pourquoi ce feu déjà qualifié de "monstre", "hors de contrôle", "XXL", correspond bien à cette définition
l'essentiel Depuis le 23 juillet 2026, un incendie hors norme ravage la Gironde et le bassin d'Arcachon, ayant déjà parcouru 42 000 hectares et entraîné l'évacuation de 220 000 personnes. Face à l'intensité du désastre, peut-on attribuer officiellement à ce sinistre le terme de "mégafeu" ?
L'enfer s'est emparé du Sud-Ouest. Des incendies d'une violence extrême frappent la Gironde, détruisant 140 maisons et forçant des centaines de milliers d'habitants et de vacanciers à quitter précipitamment les lieux, tandis que les pompiers luttent sans relâche. Peut-on parler de "mégafeu" ?
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Un incendie "hors de contrôle"
Apparue aux États-Unis au début des années 2010 et popularisée en France par la philosophe Joëlle Zask, la notion de "mégafeu" ne repose pas sur une définition scientifique stricte, rappelle Franceinfo. Elle désigne un incendie qui dépasse l'entendement par sa superficie, sa puissance et sa vitesse de propagation.
Comme le soulignait devant le Sénat Grégory Allione, officier sapeur-pompier et député européen, ces braises en furie agissent comme "des centrales nucléaires qui se déplacent". Un rapport sénatorial indique par ailleurs que les mégafeux entraînent "l'effondrement du système de lutte et produisent des impacts profonds et durables sur la société, l'économie et l'environnement".
Un feu "XXL"
Si aucun seuil officiel n'existe, les critères définissant ces feux extrêmes semblent bel et bien réunis sur le terrain. Qualifié de "hors norme" par les secours et de "XXL, imprévisible et vorace" par la préfète Sophie Brocas, le sinistre dépasse déjà les ravages constatés en 2022.
Bruno Lafon, président de l'association de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) en Aquitaine, décrit un "feu devenu un monstre", capable de créer ses propres conditions météorologiques.
Quand "le feu nourrit le feu"
La difficulté majeure réside dans la capacité du sinistre à modifier son propre environnement. Les températures extrêmes génèrent de puissants mouvements d'air qui attisent les flammes, projettent des braises à des centaines de mètres et créent de nouvelles "sautes de feu".
Comme le résumait le Muséum national d'histoire naturelle, "le feu nourrit le feu". Seules des pluies abondantes ou une baisse marquée des températures permettent généralement d'en venir à bout.
Des incendies géants qui vont se multiplier
Les caractéristiques de l'incendie qui ravage la Gironde correspondent bien à celles d'un mégafeu. Un phénomène qui aura tendance à se multiplier à l'avenir, à cause du dérèglement climatique. Sécheresses prolongées et canicules créent en effet un terrain idéal pour ces brasiers.
D'après le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), le nombre de mégafeux pourrait augmenter de 31 à 52 % d'ici à 2100. Désormais, l'Europe tout entière est touchée par ce cercle vicieux, ces incendies hors norme concentrant plus de 50 % des surfaces brûlées sur la planète.