Zinédine Zidane : d'or et de lumière
Publié le 29/07/2026 à 03:01 , mis à jour à 07:03
Patrick LOUIS
Le voilà le grand Yaz. Le voilà ce « Don Zinedine » de Madrid et du monde que tant d’amoureux espéraient en le voyant s’ennuyer sur le banc « du » remplaçant.Depuis hier matin, un peu plus longtemps en réalité, Zinedine Zidane a pris en main le destin (toujours aussi prometteur) de l‘équipe de France. Il la voulait et ne voulait même qu’elle, refusant régulièrement des montagnes d’euros dont il n’a aucun besoin et des prières païennes qui ne l’ont jamais touché. L’artiste « muet » du Bernabeu (mais aussi de La Bocca, de Lescure et du Staddio delle Alpi aujourd’hui disparu), celui de nos rêves bleus et blancs a peut-être plus à perdre qu’à gagner (Platini aurait pu lui en toucher deux mots…) mais qu’importe.
Le mariage ne pouvait pas ne pas être célébré. Il était écrit. Inscrit dans les lois sacrées du (beau) jeu le plus populaire de la planète. Le héros du Mondial 1998, à jamais le premier pour notre pays si souvent giflé, longtemps interdit de bonheur, avait rendez-vous avec la sélection du pays choisi par sa famille venue d’Algérie. Il suffisait seulement d’attendre « un peu », que Didier Deschamps « frère » d’armes et de triomphes veuille bien se souvenir que le costume (qui lui allait très bien parfois) n’était pas à lui. Pas à vie.
Rebaptisé Zizou (et non pas Zazie, par Rolland Courbis qui n’aura pas vu son « petit » arriver au pouvoir, celui qu’il a entraîné mais surtout tant aimé) pour le plaisir des petits et des grands qui pouvaient scander à l’infini ces deux syllabes magiques, ZZ est arrivé. Sans se presser. Le grand ZZ, à pied, en costard et crâne « limpio ». Immense joueur puis entraîneur comblé du Real Madrid (il est toujours un dieu vivant dans la capitale), le Marseillais n’a aucune garantie.
Les mystères des grandes réussites, au football comme ailleurs n’obéissent ni aux réputations, ni au passé, ni à la bonne mine des élus. Les exemples d’échecs, parfois définitifs, nous évoquions Platoche, il n’est pas le seul, sont nombreux. Pourtant, il nous semble que ce type-là, avec la bande de gamins merveilleux (même Mbappé n’est pas si vieux) qu’il va trouver dans la corbeille, ne peut pas passer à côté. Et comme il sait mieux que n’importe qui lire et apprécier ce style espagnol qui nous a fait si mal, l’autre jour de l’autre côté du Charco, on se dit qu’il a tout pour ne pas décevoir.
En arrivant boulevard de Grenelle il a parlé des copains, d’Aimé, de 98, de cette équipe de France qu’il fréquente depuis les jeunes. « C’est la seule chose que je voulais… » L’aveu émouvant. Une poignée de supporters l’attendait. Il est allé les voir bien sûr, presque timidement.
Le coup de boule ? Oublié, magnifié par la légende. Les doutes ? Ils n’existent pas. L’avenir ? D’or et de lumière bien sûr ! Bon, on joue quand ?