En novembre 2020, la Brainoise Sonia Thomas avait entamé un voyage à pied jusqu'à Compostelle, depuis le parvis de la collégiale de Nivelles. Plusieurs vagues de Covid l'avaient obligée à adapter ses plans et à fractionner le voyage, mais il fallait manifestement plus qu'une épidémie mondiale pour l'empêcher de rejoindre la capitale de la Galice : elle a mené l'aventure jusqu'au bout.

Et cet été, soutenue par sa famille, elle s'est lancé un nouveau défi : partir du val d'Aoste, toujours à pied en suivant le chemin d'un pèlerinage connu – bien qu'elle ne soit pas croyante – pour arriver à Rome. Mission accomplie puisque ce mercredi soir, elle était reçue par l'ASBL L'Églantier, qui tenait à la mettre à l'honneur pour cette marche d'un millier de kilomètres entamée le 6 juillet et bouclée le 15 août, sans aucun jour de pause.

C'est que si la Brainoise comptait aussi sur ce périple pour aller au bout d'un chemin personnel après deux années un peu compliquées, elle tenait surtout à marcher pour aider financièrement l'ASBL L'Églantier. Cette association travaille au quotidien pour proposer un hébergement et un soutien aux femmes et enfants victimes de violences conjugales et intrafamiliales.

Un peu plus de 2000 euros récoltés

Très sensible à cette cause, Sonia Thomas avait rencontré les responsables de l'association avant son départ. Tout au long de son périple, l'ASBL a relayé sur ses réseaux sociaux les images, les vidéos et les impressions de la marcheuse. Ceux qui voulaient la soutenir pouvaient alors verser de l'argent, non pour le voyage puisque la Brainoise l'a entièrement financé, mais bien au profit de l'ASBL.

À l'heure des premiers comptes, c'est un peu plus de 2000 euros qui ont été récoltés. En réalité, au cœur de l'été, le soutien allait dans les deux sens : des échanges quotidiens servaient aussi, côté Églantier, à encourager la marcheuse, à partager ses petites galères et lui donner l'énergie de continuer. D'où l'émotion qui a marqué les retrouvailles de ce mercredi soir et la rencontre avec les bénéficiaires de l'Eglantier, qui avaient suivi cette aventure au jour le jour.

Sonia Thomas avait amené avec elle sa "credenziale del pelligrino", sorte de passeport du pèlerin sur lequel sont apposés, à chaque étape, les cachets d'attestation qui permettent de bénéficier d'un gîte le jour suivant. Et elle a offert mercredi soir à l'ASBL une copie du diplôme qui lui a été remis à son arrivée au Vatican.

25 à 30 km et 3 litres d'eau par jour

Sur les difficultés rencontrées, Sonia Thomas ne veut pas trop s'étendre. Une cheville pas copine avec les dénivelés, quelques difficultés logistiques puisqu'elle cheminait volontairement seule et voyageait léger, et surtout la chaleur écrasante de cet été 2026. Pour avaler 25 à 30 km chaque jour, la Brainoise emportait au minimum 3 litres d'eau, et partait très tôt pour tenter d'arriver pour midi aux deux tiers du trajet prévu. "Je pensais à ce voyage depuis plusieurs années et marcher jusqu'à Rome, jusque dans la basilique Saint-Pierre, m'a apporté ce que j'espérais sur le plan personnel. J'ai réglé des choses qui ne l'étaient pas, confie-t-elle. Mais clairement, j'espérais récolter davantage d'argent pour l'ASBL. L'important pour moi, c'est de mettre en avant cette cause, donner de la visibilité au travail aux côtés des victimes de violence intrafamiliales. Je pense tout de même que j'ai ouvert une porte. Et personnellement, je compte bien m'investir bénévolement pour continuer à les soutenir."

Et si la Brainoise a désormais repris son travail dans l'enseignement spécialisé, elle pense déjà à une prochaine aventure…

Jusqu'à Rome pour la bonne cause: papier secondaire
C'est pour la bonne cause que Sonia Thomas a marché du Val d'Aoste jusqu'au Vatican. ©EDA

L'ASBL L'Églantier, une Maison d'accueil mais pas seulement

On l'aura compris, si ces 1 000 kilomètres à pied à travers l'Italie constituaient pour Sonia Thomas une aventure personnelle importante, c'est surtout la cause de la protection des femmes et des enfants victimes de violences qu'elle voulait faire avancer, en mettant en évidence le travail mené au sein de l'Eglantier (www.leglantier.be).

Cette ASBL brainoise a été fondée en 1978, autour d'une Maison d'accueil dont la capacité actuelle est de 20 lits. Elle héberge, très majoritairement suite à des difficultés de couple, des femmes seules ou accompagnées de leurs enfants. Aujourd'hui, cet hébergement assuré 24 heures sur 24 est un des trois pôles d'activités de l'Églantier.

Le deuxième pôle est le service Parle & Moi, qui assure un accompagnement ambulatoire – via une équipe mobile – aux victimes de violences conjugales. Ce qui passe par une écoute téléphonique, des entretiens individuels et pour ceux qui le demandent une aide au niveau psychologique, sur le plan juridique, ou encore pour trouver un logement ou une formation.

Le troisième pôle est peut-être le plus connu des Brainois : la ressourcerie La Fol'Fouille est une entreprise d'économie sociale qui récupère les textiles, les articles de déco, les jouets, les livres, le matériel de puériculture ou même les vélos pour leur donner une seconde vie. De quoi permettre la réinsertion professionnelle de personnes éloignées de l'emploi, tandis que les bénéfices sont réinvestis pour le fonctionnement de la Maison d'accueil.

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