12 700 décès, 115 000 entrées aux urgences, 1400 hospitalisation en réanimation… les chiffres choc de la grippe, alors que la vaccination démarre
À partir de ce mardi 13 octobre, médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes peuvent vacciner contre la grippe. Quinze millions de doses de vaccin sont disponibles, un million de plus que l’an dernier.
12 700 décès, 115 000 hospitalisations aux urgences, 1400 en réanimation… les chiffres choc de la grippe, alors que la vaccination démarre
L’hiver dernier, la grippe a tué 12 700 personnes, plus de trois fois le chiffre des décès sur la route : 3515 morts. Pour 2025-2026, "entre deux et six millions de personnes seront touchées", un chiffre invariable relevé par la Cour des comptes dans un rapport consacré à la vaccination en septembre dernier.
C’est donc sous le signe de la "protection des populations les plus fragiles", les personnes âgées de plus de 65 ans, celles qui souffrent de maladies chroniques ou sont immunodéprimées, les femmes enceintes et les malades d’obésité, qu’est une nouvelle fois placée la campagne de vaccination 2026-2027, ont rappelé la Direction générale de la Santé (DGS), l’Assurance Maladie, Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lors du lancement de la campagne 2025-2026, le 8 octobre.
À cette occasion, les autorités de santé ont précisé que l’an dernier, la grippe a conduit 115 000 personnes aux urgences, une sur cinq a ensuite été hospitalisée. 1 400 personnes ont été admises en réanimation. 70 % n’étaient pas vaccinés.
Les plus de 65 ans sont en première ligne et représentent 90 % des décès, rappelle la Cour des comptes. L’an dernier, moins d’une personne sur deux (49,6 %) considérée comme fragile s’est fait vacciner en France (49,4 % en Occitanie).
La logistique : 15 millions de doses commandées
15 millions de doses (un million de plus que l’an dernier) de vaccins contre la grippe ont été commandées.
Cinq vaccins sont disponibles : Efluelda, Fluad, Flucelvax, Influvac, Vaxigrip. Particulièrement recommandés pour les plus de 65 ans : Eflueda de Sanofi et Fluad de Seqirus.
Pour le Covid, dont la campagne de vaccination est lancée en même temps que celle de la grippe, une seule option est sur la table : Comirnaty XFG (adulte et pédiatrique), un vaccin à ARN messager.
L’an dernier, 56,7 % des plus de 65 ans se sont fait vacciner contre la grippe. Le chiffre est de 56 % en Occitanie alors que l’organisation mondiale de la santé fixe un objectif de 75 %. En Ehpad, le chiffre grimpe à 82 %.
Toujours chez les plus de 65 ans, pour le Covid, le chiffre est de 16,8 % en France, et à peine "6,5 % chez celles âgées de moins de 65 ans à risque de Covid-19 sévère", note Santé publique France.
SPF rappelle que "l’Occitanie est une des régions pour lesquelles l’adhésion à la vaccination est la moins élevée, y compris chez les seniors".
Courriers, professionnels concernés… mode d’emploi
Le vaccin contre la grippe est entièrement remboursé aux plus fragiles, qui reçoivent une invitation de l’assurance maladie à se faire vacciner gratuitement. Celle-ci a été envoyée dès le mois de septembre : 21 millions de personnes ont reçu le courrier, accompagné d’un bon de prise en charge à 100 %. Des relances par mail et SMS, appel téléphonique, sont annoncées pour 250 000 assurés particulièrement vulnérables.
Le vaccin contre le Covid est entièrement remboursé pour tous.
Médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens sont habilités à vacciner. Avec une nouveauté cette année pour les trois premiers : ils peuvent s’approvisionner en amont afin d’administrer directement le vaccin aux patients sans passer par la case pharmacie.
Les pharmaciens restent en première ligne : l’an dernier, ils ont assuré près de 8 millions de vaccins anti-grippe, + 21,6 % par rapport à l’année précédente.
La campagne de vaccination s’achève fin janvier. Grégory Emery, directeur général de la Santé, invite à se faire vacciner "le plus vite possible en octobre, car on ne sait pas quand les virus commenceront à circuler de manière active".
Etienne Pot, directeur général par intérim de Santé publique France, mentionne aussi les "avantages indirects du vaccin antigrippal sur la santé cardiaque".
"Il y a toujours un risque de forme grave et de Covid long"
Epidémiologiste et chercheur à l’Université de Montpellier, Mircea Sofonea estime que "se vacciner contre le Covid fait toujours sens", alors que la France est plongée dans "une seizième vague" épidémique. "Pour la troisième année consécutive, le virus a particulièrement circulé en septembre, et le pic de l’incidence devrait être atteint en octobre", rappelle le Montpelliérain, qui pose clairement la question de la période la plus opportune à la vaccination.
"Cette notion de virus de l’hiver ne veut pas dire grand-chose. La quatrième vague de Covid, avec le variant delta, avait été observée au mois de juin", souligne l’épidémiologiste, qui se remémore encore l’épidémie historique de grippe A H1N1 en Europe : elle avait démarré en juin 2009, et l’organisation mondiale de la santé, l’OMS, faisait état d’une pandémie le 11 du mois.
"Les rhinovirus circulent en été", insiste-t-il. Un cluster Covid-grippe A est apparu cette année en plein mois d’août à Mauguio, à la suite de la fête votive. Mais "le pic de la grippe est traditionnellement observé en janvier".
"Pour des raisons de logistique", les deux campagnes (vaccination contre la grippe et le Covid) cohabitent donc. "Il y a toujours un intérêt à se faire vacciner contre le Covid même si le pic des infections est passé. Le vaccin protège contre les formes graves et contre le Covid long", qui affecte 2 millions de Français, évalue Santé publique France.
Et "ce n’est pas parce qu’on n’a pas eu de Covid long lors de précédentes infections qu’on n’en aura pas" avec le variant actuellement en circulation, XFG, surnommé "Frankenstein".
Les soignants doivent-ils se vacciner ?
La vaccination des soignants n’est pas obligatoire. En juillet dernier, la Haute autorité de santé (HAS) s’est prononcée pour une obligation. "Le cadre réglementaire définitif est attendu d’ici la fin du premier trimestre 2027", indique l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) d’Occitanie.
Les taux de vaccination des soignants sont faibles. L’hiver dernier, à peine "25 % des professionnels exerçant en Ehpad étaient vaccinés contre la grippe", relève SPF.
Et "5 % des professionnels d’Ehpad étaient vaccinés contre le Covid-19", ajoute SPF.
Une circulation des virus encore faible
Le dernier bulletin de Santé publique France fait état d’une circulation très faible du virus de la grippe actuellement, sur l’ensemble de l’Hexagone. La détection de virus grippaux est "sporadique".
Pour le Covid-19, SPF observe une "circulation active, avec un faible impact sur le recours aux soins".
Mais, "il faut environ deux semaines pour être immunisé", informe l’épidémiologiste Mircea Sofonea.