25 ans, une bascule : en 2015, le monde faisait une promesse histor...
12 décembre 2015. Au Bourget, près de Paris, les applaudissements éclatent lorsque Laurent Fabius, alors président de la COP21, abat son petit marteau vert. Après des années de négociations climatiques difficiles, 195 États viennent d'adopter l'accord de Paris. Un moment historique. Pour la première fois, presque toute la planète s'engage dans un cadre commun pour lutter contre le changement climatique.
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L'objectif est ambitieux : contenir l'augmentation de la température moyenne mondiale « nettement en dessous » de 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle et poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 °C. Chaque pays doit pour cela établir et renforcer progressivement ses propres engagements de réduction des émissions, appelés « contributions déterminées au niveau national ».
En 2015, presque toute la planète s’est engagée à contenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C, tout en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C. © pjjaruwan, Adobe Stock
Onze ans plus tard, que reste-t-il de la promesse de Paris ?
L'accord a traversé les crises et les bouleversements politiques, mais son universalité a pris un coup. Le retrait des États-Unis est de nouveau devenu effectif le 27 janvier 2026 et l'accord compte désormais 194 Parties.
Réchauffement climatique : si nous arrêtions toutes les émissions aujourd’hui, quand le climat redeviendrait-il comme avant ?
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Surtout, les engagements pris restent insuffisants. Selon l'Emissions Gap Report 2025 du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), les politiques actuellement mises en œuvre conduiraient le monde vers environ 2,8 °C de réchauffement au cours de ce siècle. La prise en compte complète des engagements climatiques des pays améliore la trajectoire, mais ne suffit toujours pas à respecter les objectifs fixés à Paris. Le PNUE estime désormais qu'un dépassement plus important de 1,5 °C est très probable au cours de la prochaine décennie.
La planète se rapproche dangereusement de la limite des 1,5 °C
Le thermomètre donne déjà un aperçu de cette trajectoire. L'Organisation météorologique mondiale estime que 2015 à 2025 constituent les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. En 2025, la température moyenne mondiale était d'environ 1,43 °C au-dessus de la moyenne de la période 1850-1900.
Un chiffre doit toutefois être manié avec précaution. Dépasser 1,5 °C pendant une année, voire quelques années, ne signifie pas encore que l'objectif de long terme de l'Accord de Paris est officiellement franchi, celui-ci s'évaluant sur une période beaucoup plus longue. Copernicus constate néanmoins que 2023-2025 est la première période de trois ans à dépasser en moyenne 1,5 °C.
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La promesse de 2015 n'a donc pas disparu, mais onze ans plus tard, le temps pour la tenir s'est considérablement réduit. Pour revenir sur une trajectoire compatible avec 1,5 °C, le PNUE estime que les émissions mondiales annuelles devraient être 55 % plus faibles en 2035 qu'en 2019.