Depuis plusieurs semaines, une centaine de brebis ont disparu dans les montagnes des Hautes-Pyrénées, plongeant deux agriculteurs dans l’inquiétude. Malgré l’intervention de la Pastorale Pyrénéenne et des recherches intensives, seules vingt brebis ont été aperçues brièvement. La situation est d’autant plus critique que l’éleveuse, déjà touchée par des maladies ovines, voit son troupeau réduit à 85 têtes.

Une disparition inédite d’une centaine de brebis volatilisées dans la nature depuis plusieurs semaines. C’est une énigme pour deux agriculteurs des Hautes-Pyrénées, selon les informations de La Dépêche. À cause d’un brouillard qui a eu raison de la surveillance du jeune berger chargé de surveiller le troupeau : “Les bêtes s’étaient dispersées et après on s’est rendu compte qu’il en manquait une centaine. En sachant que les bêtes ne connaissaient pas ces montagnes, les brebis n’avaient pas de repères…"

“Des brebis sont capables de marcher énormément”

Une forte mobilisation pour retrouver le troupeau. "On a remué ciel et terre, on a fait intervenir la Pastorale Pyrénéenne qui nous vient en aide lors de problèmes de ce type. Ils sont venus huit jours d’affilée pour faire des recherches, ils n’ont rien vu. On a prévenu tous ceux qui pouvaient être prévenus : éleveurs et amis sur le secteur qui font de la montagne." Les bêtes sont allées loin, une vingtaine de ses brebis ont été aperçues, il y a une quinzaine de jours, très loin du point de départ. Mais le temps que l’agricultrice soit au courant, les bêtes avaient disparu.

Ce qui ne surprend pas la jeune agricultrice : "C’est possible car cette année est sèche, les brebis ne connaissent pas le terrain, elles vont aller à l’instinct là où il y a de l’herbe… Des brebis sont capables de marcher énormément."

"C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin"

Un malheur de plus pour l’agricultrice… D’abord les maladies qui lui font perdre une vingtaine de bêtes : la piroplasmose transmise par la tique en janvier, puis l’ehrlichiose et la fièvre catarrhale ovine. De 150 brebis, il n’en reste plus que 85 aujourd’hui. Et même celles qui restent ont avorté, et ne donneront pas d’agneaux cette année. Un problème pour la jeune agricultrice : “Je ne suis pas fille d’agriculteur, je suis Nantaise, j’ai démarré de rien. Je n’ai même pas remboursé mes brebis, je vais payer pendant au moins cinq ans des brebis qui ne sont plus là. Mais je préfère me concentrer sur ce que je peux faire" dit-elle à La Dépêche.

L’agricultrice ne baisse pas les bras : “Je remonte à la montagne demain soir pour soigner, faire de la recherche sans trop savoir où chercher… Je compte beaucoup sur le fait qu’en septembre, s’il fait mauvais, les brebis vont finir par descendre. Mais il risque d’y en avoir sur le carreau, peut-être certaines auront mis bas et ne voudront pas descendre, d’autres seront blessées." Les bêtes de l’agricultrice sont siglées des lettres "OR" en bleu. Car c’est "comme chercher une aiguille dans une botte de foin" rappelle-t-elle, l’union peut faire la force.