25 élus américains appellent Donald Trump à sévir contre l’UE et son DMA
Si Apple est aux prises avec le DMA (Digital Markets Act) depuis déjà de longs mois, avec une apothéose temporaire sur le sujet Siri AI, les tensions ne devraient pas s’arranger, loin de là : comme le rapporte AppleInsider, un groupe d’élus républicains a décidé d’en rajouter une couche, en adressant une lettre au président Donald Trump, lui demandant d’ouvrir une enquête commerciale contre l’Union européenne, voire d’engager des sanctions contre l’UE.

Les 25 élus n’y vont pas par quatre chemins, et reprennent pour le plus grand plaisir du locataire de la Maison Blanche des paroles qu’il avait déjà lancées en septembre 2025. Selon eux, les « actes, politiques et pratiques anticoncurrentiels » de l’UE servent d’outil de « coercition réglementaire » et « d’extraction économique » contre les entreprises américaines. Ils souhaitent donc une réponse ferme du président, craignant qu’un « régime anti-américain » ne s’installe durablement en Europe.
Il existerait selon eux une forme de « deux poids, deux mesures » selon que l’entreprise vienne des USA ou d’ailleurs : le DMA ne ciblerait ainsi que les grands groupes américains, comme Apple, Amazon, Google, Meta ou Microsoft, quand d’autres entreprises tout aussi tentaculaires comme Temu ou AliExpress seraient laissées tranquilles. Ces dernières ne sont en effet pas concernées par le DMA, ne remplissant pas les critères pour être classées « contrôleurs d’accès » (gatekeepers) par la législation européenne : leur nombre d’utilisateurs dans l’UE n’est pas assez élevé pour rentrer dans la catégorie définie par le DMA.
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Les 25 élus concluent leur lettre en demandant au président Trump l’ouverture d’une enquête grâce à la Section 301 du Trade Act de 1974, permettant aux USA de vérifier les pratiques commerciales des pays commerçant avec eux. Si celles-ci sont jugées déloyales, comme le pensent ces élus, ce même Trade Act permettra alors d’activer un mécanisme que Donald Trump a utilisé à maintes reprises depuis le début de son second mandat : des mesures de rétorsion sous forme de droits de douane.
Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, rappelle que l’UE rejette ces accusations, et qu’elle reste souveraine dans ses choix de réglementations sur son territoire. Il rappelle aussi que le DMA est appliqué « de manière juste et non discriminatoire ».
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Et en effet, le DMA ne distingue pas les entreprises selon leur nationalité, mais selon leur taille et leur rôle de « contrôleur d’accès ». Si dans les faits nombre d’entreprises entrant dans la définition du DMA sont américaines, ce n’est pas pour autant une exclusivité : le texte s’applique aussi à ByteDance, maison mère de TikTok, ou à Booking.com, groupe néerlandais. À l’inverse, tous les services US ne sont pas concernés : dans le cas d’Apple, ni Maps ni Apple Ads n’entrent dans le cadre du DMA, leur taille étant jugée insuffisante pour cela.
Ce nouvel épisode rappelle que le DMA, s’il est présenté comme un texte favorisant la concurrence sur les marchés numériques européens, est bien plus souvent vu comme un frein inacceptable par nombre d’entreprises et d’administrations US. Si les 25 élus sont entendus, le bras de fer entre Washington et Bruxelles pourrait repartir de plus belle, avec les consommateurs qui pourraient se retrouver encore une fois pris entre deux feux.