Les jeunes doivent présenter leur carte d'identité pour acheter de l'alcool ou du tabac, faire du karting ou encore entrer en boîte de nuit. Mais pas pour ouvrir un compte sur TikTok, Instagram ou Snapchat. N'importe quel enfant peut accéder en quelques clics aux réseaux sociaux en se contentant de mentir sur sa date de naissance. Le gouvernement fédéral pourrait y mettre un terme en interdisant leur accès aux moins de 13 ou de 15 ans. L'intention est bienvenue, mais la coalition peine à s'accorder. Une question s'invite déjà : qui vérifiera l'application d'une telle mesure ?

L'Australie, pionnière en la matière, découvre les limites de l'exercice. Les contournements se multiplient. La France promet une entrée en vigueur dès septembre et sera confrontée au même défi. Les plateformes ont démontré leur incapacité – ou leur manque d'empressement – à protéger efficacement les plus jeunes. Elles ne peuvent plus être juge et partie.

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La Belgique dispose notamment de Itsme et de MyGov. Ces applications offrent une identité numérique fiable et largement adoptée. Sans supprimer le recours au pseudonyme, un tel système permettrait aux plateformes de vérifier réellement l'âge de leurs utilisateurs et de disposer d'une identité vérifiée en cas d'abus. L'anonymat pourrait subsister, mais l'impunité deviendrait beaucoup plus difficile.

Ce serait une double avancée. Le véritable enjeu dépasse en effet la seule protection des mineurs. Les réseaux sociaux prospèrent sur une forme d'irresponsabilité organisée où faux profils et comptes éphémères alimentent les campagnes de désinformation, le harcèlement, les menaces, les manipulations et les escroqueries. Les géants du numérique n'ont jamais démontré l'efficacité de leurs contrôles, ni de leur modération. L'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ne sera crédible que si elle repose sur un contrôle efficace. Et qu'elle s'accompagne d'une bonne dose de pédagogie auprès des jeunes adolescents qui devront s'en défaire temporairement.

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Dans la vie réelle, chacun répond de ses actes. Il est temps que le monde numérique accepte, lui aussi, cette exigence de responsabilité. Les réseaux sociaux ne peuvent plus rester une zone de non-droit où l'on entre sans contrôle, parfois sans un bagage suffisamment mature, et d'où l'on agit sans jamais rendre de comptes.

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