Justine Peeters est kinésithérapeute à Acosse. En janvier 2024, elle a lancé sa piscine, Aquatime. Elle la loue à des coachs sportifs pour des cours de bébés-nageurs, d'accoutumance, d'aquabike ou d'autres disciplines d'eau et même des stages, mais elle lui sert avant tout d'outil de travail en hydrothérapie. Devant la maison, un parking pour 14 voitures a été aménagé pour accueillir les visiteurs.

Mais, depuis le début, un voisin en particulier chercherait la petite bête. À plusieurs reprises, il a appelé échevins, bourgmestre, police, justice de paix et même police de l'environnement pour faire constater du tapage (diurne ou nocturne). La police n'a jamais rien relevé de répréhensible.

Sauf que l'avocat dudit voisin s'est rendu compte d'une "faille" dans la déclaration d'environnement de classe 3 délivrée initialement à la kiné pour son projet. Pour faire court, la mention du fait que l'eau du bassin est aussi traitée par UV, en plus du chlore, n'est pas reprise. Or, elle devrait. Et la piscine devrait alors tomber sous le coup d'un permis d'environnement de classe 2.

Des plaintes "pas objectivées"

Dès lors, la kiné a lancé une procédure de régularisation. La Région wallonne lui a répondu cet été par recommandé que ça ne poserait aucun souci, mais l'Acossoise a dû afficher devant chez elle la demande de permis. Et du coup, certaines personnes mélangent tout : le manquement au premier permis aux nuisances évoquées (mais pas avérées).

Le conseiller d'opposition Marc Pirard, lui, a demandé des éclaircissements à ce sujet en séance publique du conseil communal de ce mardi 22 septembre. Et en présence de Justine Peeters, puisque celle-ci est également conseillère communale, dans la majorité. "La demande de permis actuelle correspond-elle réellement à l'ensemble des activités exercées sur ce site, et celles-ci sont-elles compatibles avec les autorisations et l'environnement résidentiel concerné ? Parce que le voisinage parle de problèmes et le collège communal aurait reçu des plaintes par rapport au bruit et au stationnement…", a ainsi résumé le conseiller.

Le bourgmestre, Thomas Courtois, lui a retracé tout ce qui a été dit ici plus haut. Pour le rassurer. Et pour bien séparer les deux volets de ce dossier, qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. "La demande de permis vise juste cette histoire de traitement des eaux, insiste le bourgmestre. Quant aux plaintes par rapport au bruit et au parking, elles n'ont pas été objectivées. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de souci, je dis que ça n'a jamais été constaté. Et pas plus tard que tout à l'heure, je suis passé par là et j'ai vu que les gens qui étaient venus consulter le dossier plus tôt à l'administration et se plaindre étaient eux-mêmes garés sur les accotements de la rue !" (dans laquelle c'est de toute façon autorisé…).

"Ça va trop loin, ça tourne au harcèlement"

La décision d'octroi du permis est actuellement dans les mains du fonctionnaire technique de la Région wallonne. Qui rendra bientôt son avis au collège. C'est à lui que reviendra la décision finale. "Au départ, c'est un conflit de voisinage, a également commenté Thomas Courtois. Sachez en tout cas que le dossier sera traité comme pour n'importe quel citoyen."

La kiné, elle, dit en avoir assez de ce climat délétère. "Ça fait près de deux ans qu'on a dû prendre un avocat, qu'on est convoqués devant le juge de paix, qu'on voit la police débarquer… Ça me va d'autant plus loin que ce voisin, et maintenant deux autres voisines, n'est jamais venu nous voir pour en discuter. Et ça va trop loin, ça tourne au harcèlement, il y a des vidéos et des photos qui sont prises…"

Pour le conseiller Marc Pirard, les doléances du voisin direct sont bel et bien fondées et "ce mardi, je n'ai entendu aucune réelle volonté de rechercher les adaptations ou conditions qui permettraient à l'entreprise de poursuivre son activité tout en réduisant les nuisances pour le voisinage".

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