La grange Fauré en Haute-Savoie © D.R.

La grange Fauré en Haute-Savoie © D.R.

Sélectionnée par la Mission Patrimoine 2026, la grange Fauré, du nom du compositeur, d'Annecy-le-Vieux va être restaurée.

L’avancée de la rénovation de la grange Fauré à Annecy-le-Vieux se joue en partie ce lundi soir avec le loto du patrimoine. Ce site a été retenu pour la Haute-Savoie par la mission patrimoine. Une partie des recettes du tirage de ce soir sera attribuée aux travaux de réhabilitation de ce monument historique. Un soutien financier attendu depuis longtemps par les élus locaux, qui portent ce dossier depuis 2024.

Le bâtiment se trouve dans le parc de la Villa Dunand, face au lac d'Annecy. Construite au début du XIXe siècle, cette ancienne dépendance agricole conserve encore ses pressoirs en sous-sol. Mais les murs et la charpente sont en mauvais état, au point que des travaux de consolidation ont dû être menés en urgence, avant même d'envisager une vraie restauration, sous l’égide des Bâtiments de France.

Un lieu plus culturel qu'agricole

L’histoire de cette grange dépasse le simple bâti agricole. “La grange Fauré témoigne de la présence de Gabriel Fauré à Annecy-le-Vieux, où le célèbre musicien vécut dans la villa voisine de 1919 à sa mort en 1924”, souligne la fondation pour le Patrimoine. Gabriel Fauré est un compositeur français majeur, auteur d’un célèbre Requiem éponyme ou de la Pavane. Directeur du Conservatoire de Paris de 1905 à 1920, il a formé Maurice Ravel et Nadia Boulanger avant de passer ses dernières années sur les rives du lac d’Annecy-le-Vieux, où il meurt en 1924.

Au terme des travaux de rénovation, la grange Fauré doit devenir un tiers-lieu tourné vers l'alimentation locale, sur environ 350 m², avec une programmation associant commerçants du quartier, associations et la maison des jeunes des Carrés. Le projet avait déjà été désigné lauréat du dispositif municipal Amirale en 2025. L'ouverture est annoncée pour 2028, mais tout dépendra désormais des dons récoltés par la Fondation du patrimoine et des crédits débloqués par la Mission Bern notamment ce lundi soir lors du loto du patrimoine. Deux autres chantiers de Haute-Savoie, le château de Mionnaz ou l’église Saint-Offenge, ont bénéficié, lors des dernières éditions, de ce tirage spécial de la FDJ.

Qu'est-ce que le Loto du patrimoine et à quoi sert-il ?

Lancée en 2018 à l'initiative d'Emmanuel Macron, la "Mission Patrimoine" a été confiée à Stéphane Bern, nommé quelques années plus tôt "Monsieur Patrimoine" par l'Élysée. Le principe, une partie des sommes misées sur des jeux dédiés de la Française des jeux (aujourd'hui FDJ United), jeux à gratter et tirages spéciaux, est reversée à la Fondation du patrimoine pour financer la restauration de monuments menacés de disparition partout en France.

Chaque année au tout début du mois de septembre, une sélection de sites est dévoilée, un "site emblématique" par région et, surtout, un projet par département choisi parmi les dossiers déposés par des collectivités des associations ou des propriétaires privés.

Pour l'édition 2026, une centaine de sites ont été retenus à l'échelle nationale, dont plus de la moitié appartiennent à des communes et plus d'un tiers concernent du patrimoine religieux.

Les jeux "Mission Patrimoine" sont mis en vente du 7 au 21 septembre, avec jusqu'à 1,5 million d'euros à gagner pour les joueurs. Le montant précis de la dotation accordée à chaque site lauréat n'est connu qu'en toute fin d'année, une fois les ventes de tickets comptabilisées. Les particuliers peuvent aussi tout au long de l'année faire un don directement sur la page de chaque projet ces dons étant déductibles des impôts.

Depuis sa création le dispositif a permis de collecter plus de 210 millions d'euros et de soutenir la restauration de plus de 1 080 sites à travers le pays.
Sollicité dans nos colonnes, Stéphane Bern avait résumé sa conception du patrimoine comme cause nationale : renoncer à protéger cet héritage serait selon lui "un hara-kiri culturel". Il rappelait aussi que plus de la moitié du patrimoine français se situe dans des communes de moins de 2 000 habitants en faisant selon lui l'un des rares facteurs d'égalité entre villes et campagnes.

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