Depuis fin juillet, l’éco-organisme Alcome distribue gratuitement des cendriers de poche réutilisables dans les bureaux de tabac. 129 buralistes de Marseille sont concernés.

Sur les trottoirs marseillais, les mégots restent particulièrement visibles. Selon Alcome, un éco-organisme national agréé par l’État depuis août 2021, un mégot serait jeté au sol en moyenne tous les deux mètres de voirie. Pour rappel, un mégot n’est pas biodégradable, car son filtre contient notamment du plastique.

Alors, à Marseille et sur l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône, la lutte contre les mégots jetés au sol doit passer par la sensibilisation. Depuis juillet, Alcome, accompagné par la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Fédération des buralistes des Bouches-du-Rhône, a lancé une opération visant à distribuer gratuitement des cendriers de poche réutilisables.

Missionné pour lutter contre les déchets issus des produits du tabac, l’organisme est en contrat avec la Métropole Aix-Marseille-Provence depuis avril 2023, notamment dans le cadre d’actions de prévention et de sensibilisation autour des mégots.

80% des buralistes marseillais mobilisés

Alcome s’est appuyé sur le réseau d’adhérents de la Fédération des buralistes des Bouches-du-Rhône qui compte 129 buralistes marseillais, soit environ 80 % des établissements du réseau. Chacun a reçu deux lots de 288 cendriers de poche, soit 74 304 exemplaires destinés aux habitants. À Aix-en-Provence, près de 10 000 cendriers ont été distribués.

L’objectif est de faire des commerces de proximité des points de sensibilisation. « Il ne s’agit pas de donner des leçons, mais plutôt d’en parler simplement avec les clients et de promouvoir un comportement plus responsable », explique Aliénor Galamez, déléguée régionale d’Alcome, pour les départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

Les cendriers distribués sont fabriqués par Boudeville & Fontaine, un fabricant indépendant basé à Anet (Eure-et-Loir). « Ils sont métalliques, réutilisables et conçus pour être facilement transportés dans une poche, un sac ou une voiture. Ils peuvent contenir plusieurs mégots et s’ouvrent d’une seule main, permettant notamment d’écraser les cendres avant de refermer le contenant », détaille Aliénor Galamez.

Le dispositif est financé par les fabricants et distributeurs de produits du tabac, qui versent une éco-contribution à Alcome dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs. Cet argent sert ensuite à financer les actions de prévention, de nettoyage et de collecte des mégots.

Marseille déjà mobilisée contre les mégots

Dans la ville, l’opération d’Alcome s’aligne avec la politique engagée par les acteurs publics. La Métropole Aix-Marseille-Provence, qui regroupe 92 communes et assure la gestion des déchets, mène également des actions de sensibilisation autour des mégots. Sa campagne « L’été passe, les déchets restent » s’attaque notamment au problème des mégots.

Dans vingt-trois communes de la métropole, dont Marseille, des corbeilles de rue sont équipées d’un éteignoir permettant aux fumeurs d’écraser leur cigarette avant de la jeter. Selon le rapport annuel 2024 de la Métropole, ces corbeilles ont notamment été installées dans une soixantaine de lieux particulièrement touchés par les déchets abandonnés.

De son côté, la Ville de Marseille interdit depuis 2021 de fumer sur les 15 zones de baignade surveillées et poursuit ses campagnes de sensibilisation à la préservation du littoral. Un mégot peut, à lui seul, polluer jusqu’à 500 litres d’eau, rappellent les associations environnementales.

Prévenir les risques d’incendie

Dans les Bouches-du-Rhône, où le risque de feu continue d’être élevé en août, cette opération va bien au-delà de la propreté de l’espace public. Le jet de mégot peut aussi entraîner des risques d’incendie, dont les feux de végétation.

« Un mégot jeté depuis la fenêtre d’une voiture peut ainsi parcourir plusieurs kilomètres avant d’atteindre le bas-côté, porté par le vent. Même après ce trajet, sa température peut encore atteindre plusieurs centaines de degrés. Dans une végétation sèche, quelques secondes peuvent alors suffire pour provoquer un départ de feu », expose Aliénor Galamez.

D’où la nécessité d’élargir le dispositif. « D’ici la fin de la période estivale, nous souhaitons continuer de mobiliser notre réseau pour généraliser l’opération à l’ensemble des communes des Bouches-du-Rhône », partage Frédéric Pourchier, président de la Fédération des buralistes du département.

Depuis début août 2026, près de 25 massifs du département sont d’ailleurs interdits d’accès en raison d’un risque d’incendie jugé très sévère.