C'est devenu un rendez-vous de mémoire incontournable dans la cité des Aclots: chaque année aux alentours du 21 août, les autorités et les associations patriotiques se rendent au cimetière de Nivelles, sur la tombe du lieutenant Albert Rouvier.

Avec le cavalier Julien Mouly, le lieutenant Rouvier a été mortellement blessé le 21 août 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale. Les deux soldats français du 8e régiment de hussards ont été touchés par des tirs allemands alors qu'ils effectuaient une mission de reconnaissance, du côté de la chaussée de Charleroi, à l'entrée de Nivelles, près de la chapelle du Mont Carmel.

Les deux militaires faisaient partie d'une patrouille de reconnaissance de sept hommes à cheval. Ils galopaient à travers champs lorsqu'ils ont été pris sous le feu d'une quarantaine de membres de l'armée allemande, embusqués dans un talus. Dans un premier temps, les deux Français ont été enterrés côte à côte dans le cimetière de Nivelles, puis la dépouille du cavalier Mouly a été transférée quelques années plus tard à la nécropole française de Chastre.

Le corps du lieutenant Rouvier, lui, est resté à Nivelles et l'ASBL du Côté des Champs a restauré sa sépulture en 2015. Un monument, au carrefour de la chaussée de Charleroi et du contournement Sud, a aussi été construit en 1933 à la mémoire de ces deux combattants tombés en terre aclote.

Après un passage au cimetière, ce jeudi, les autorités communales, les représentants de l'État français et les membres d'associations patriotiques se sont également rendus devant ce monument, pour déposer des fleurs et prononcer un petit discours où était notamment rappelée l'histoire de ces soldats.

"Tant de morts qui ne sont jamais une leçon pour demain"

Après ces deux étapes, les participants se sont rendus à quelques centaines de mètres de là, le long du contournement Sud, où l'ASBL Du Côté des Champs a dressé une croix en mémoire d'Auguste Mouy. Il s'agit aussi d'un soldat français, mais qui est décédé en 1944… sous le feu de l'aviation alliée.

En réalité, après trois ans de captivité en Autriche, ce soldat du 26e régiment d'infanterie a pu rentrer chez lui, dans le nord de la France. Mais il devait rester à disposition des occupants et comme d'autres agriculteurs, on l'a réquisitionné, lui, son chariot et son cheval, pour ramener du matériel militaire allemand vers la Belgique. C'est comme cela qu'il s'est retrouvé à Thines en septembre 1944, où le convoi a été abandonné par les Allemands que talonnaient les Britanniques.

Après avoir assisté à la messe du dimanche, le 3 septembre, Auguste Mouy a décidé de rentrer en France avec d'autres compatriotes. Mais à peine en route, leur convoi a été mitraillé par l'aviation alliée et le fermier français, touché à la gorge, est décédé.

Ce jeudi, une délégation de sa commune, Esquerchin, avait fait le déplacement à Nivelles pour cet hommage. Le maire Thierry Boury a remercié les Nivellois d'entretenir la mémoire d'Auguste Mouy. Il était venu en compagnie de plusieurs élus, dont l'adjointe au maire Marie-Jeanne Simon, qui est aussi… la petite fille d'Auguste Mouy.

"Tant de morts dans ces guerres qui maculent notre histoire, a constaté dans son discours le pasteur Roger Gigandet, aumônier honoraire des Armées françaises. Tant de morts qui ne sont jamais une leçon pour demain…"

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