À Toulouse, le cas insolite de ce retraité à qui les agences immobilières refusent de louer un appartement : "Je dois partir le 31 octobre"
l'essentiel Le cas de Raymond Perrez, retraité de 75 ans et vivant à Toulouse, est un cas d'école. Il a été informé par ses propriétaires en 2024 de leur souhait de vendre leur bien. Cet ancien professeur à l'Université Toulouse Jean Jaurès doit quitter son appartement le 31 octobre. Depuis deux ans, il se heurte aux refus des agences immobilières pour la location d'un logement, au motif d'un "risque de loyer impayé pour la partie de ma retraite provenant d’un autre pays européen". Il touche, en effet, une double retraite, l'une française et l'autre provenant de ses seize ans passés à enseigner le français en Écosse. Il décrit une "situation kafkaïenne par excellence pour un ressortissant européen".
Une "situation kafkaïenne par excellence pour un ressortissant européen". C'est ainsi que Raymond Perrez, locataire d'un appartement qui doit être vendu à Toulouse (Rangueil), qualifie son cas (d'école ?). Cet ancien professeur d'université doit normalement quitter son appartement, le 31 octobre, mais se heurte aux refus des agences immobilières pour la location d'un logement au motif d'un "risque de loyer impayé pour la partie de ma retraite provenant d’un autre pays européen". Le retraité de 75 ans, qui a enseigné le français en Écosse pendant seize ans, touche une pension de retraite d'un montant de 2 400 euros en deux parties, l'une provenant de l'assurance retraite et l'autre d'une caisse écossaise. "Soit, 800 euros payés par la Grande-Bretagne (Scottish public pensions agency et state pension) et 1 600 euros par la France, mais les agences immobilières à Toulouse refusent de me louer un appartement", explique-t-il.
"Je vis ici depuis 1987..."
Le casse-tête de Raymond dure depuis 2024, date à laquelle ses propriétaires l'ont informé qu'ils souhaitaient vendre leur bien. L'échéance est le 31 octobre 2026. Mais le retraité n'a toujours pas de solution de repli. "Je vis dans cet appartement à Toulouse depuis 1987, raconte-t-il. Après mes études à Toulouse, j’ai vécu en Écosse à partir de 1971. J’y enseignais le français dans le secondaire pour les autorités écossaises et ai donc acquis des droits à la retraite en Grande-Bretagne. À mon retour d’Écosse en 1987, j’ai enseigné l’anglais pendant dix ans dans des écoles supérieures de commerce toulousaines, puis dix-neuf ans en tant que professeur agrégé d’anglais à l’Université de Toulouse Jean Jaurès".
"Je me heurte à un obstacle insurmontable"
Avant de se tourner vers les agences immobilières, le retraité a tenté de solliciter le service public. "En 2024, mes propriétaires m’ont donné congé pour vente pour fin octobre 2026, poursuit-il. Dans un premier temps, j’ai fait une demande de logement social auprès du conseil départemental de Haute-Garonne, mais celle-ci a été refusée en octobre 2024, mes ressources étant jugées supérieures au plafond de ressources en vigueur dans le règlement du fonds de solidarité logement. Dès lors, je me suis tourné vers le secteur locatif privé. Mais depuis bientôt trois ans je ne trouve rien étant donné la forte demande dans ce secteur saturé et je me heurte en outre à un obstacle qui paraît insurmontable."
"On m'a indiqué que mon dossier ne pourrait pas être accepté"
Dernièrement, Raymond Perrez a essuyé un nouveau refus de la part d'une agence immobilière toulousaine. Il avait pourtant trouvé une annonce très intéressante publiée sur le site en ligne Seloger.com pour un appartement T3 de 70 m² rue Marcel Langer à Toulouse. "Mais à l'agence qui s'occupe de ce bien, on m'a indiqué que mon dossier ne pourrait pas être accepté à cause de l'assurance pour loyers impayés qui n'accepte pas les dossiers où le candidat touche une partie de sa retraite de Grande-Bretagne, ce qui est mon cas". Reste que, selon l'article 225-1 du Code pénal, la loi interdit toute discrimination fondée sur l'origine géographique des ressources. Refuser un dossier au seul motif qu'une pension est versée depuis un pays étranger (même hors Union européenne) constitue une discrimination au logement.