Apolline Riou

Apolline Riou

Publié le 17/09/2026 à 07h37 • Mis à jour le 17/09/2026 à 07h37

L'essentiel

  • Face à la hausse des prix des carburants, des organismes ont imaginé une voiture électrique européenne à 15.000 euros, pouvant relancer le marché du neuf.
  • Cette citadine serait petite et légère, avec une autonomie allant jusqu’à 200 km et une vitesse maximale de 110 km/h.
  • L’idée serait de rendre l’électrique encore plus abordable, lorsque ces voitures se retrouveront sur le marché d’occasion.

A l’heure où faire un plein d’essence coûte aussi cher qu’un caddie hebdomadaire de courses, il devient de plus en plus difficile d’utiliser son véhicule sans se ruiner. Ce mardi, le prix du litre de sans plomb 95 affichait 2,15 euros en moyenne, et 2,35 euros pour le gazole. L’idée d’abandonner sa vieille auto pour une voiture électrique fait envie… Mais comment faire entrer cette dépense dans un budget déjà serré ? Un nouveau modèle pourrait voir le jour et espère changer la donne.

La promesse : à la place d’une entrée de gamme à 20.000 euros, comme la Renault Twingo, vous pourriez acquérir une citadine produite en Europe, pour un budget de 15.000 euros. La Fondation pour la nature et l’homme (FNH) et l’Institut Mobilités en transition (IMT) ont cherché à évaluer le marché potentiel de ce véhicule « sobre ». L’ambition fait sens, lorsqu’on sait que rouler en voiture à essence coûte aujourd’hui trois fois plus cher qu’en électrique, et que 73 % des Français sont dépendants de leur voiture au quotidien, selon un baromètre Odoxa pour Sixt.

Une autonomie limitée

Mais un véhicule électrique à ce prix, ça pose forcément quelques limites. Exit le tout confort ou les longs trajets sur la route des vacances : la voiture envisagée par la FNH et l’IMT et détaillée ce mercredi serait équipée du strict nécessaire, « avec une vitesse maximale bridée à 110 km/h, pour une autonomie de 140 à 200 km, sans recharge rapide », détaille Thomas Uthayakumar, directeur des programmes à la FNH. « Avec cette capacité, il faudrait alors avoir accès facilement à une borne de recharge, chez soi ou au travail par exemple, poursuit-il. Forcément, il y a quelques ajustements à faire, et cela peut être difficile pour les personnes habitant dans des zones très rurales. »

Derrière ces contraintes, il y a une volonté de concurrencer le marché d’occasion, plébiscité par les ménages les plus modestes depuis plusieurs années. Un pari qui pourrait être intéressant car les Français se déplacent moins de 30 km par jour pour les trajets du quotidien, et dans les zones périurbaines, les familles possèdent souvent plusieurs véhicules. Sauf que 15.000 euros, c’est déjà beaucoup.

Un marché qui tente d’émerger

« En réalité, la voiture électrique à un prix concurrentiel existe déjà… Elle s’appelle Dacia Spring et coûte 17.900 euros. De son côté, Stellantis a annoncé préparer une gamme électrique à moins de 15.000 euros, produite en Slovénie, rappelle Jean-Philippe Hermine, directeur de l’IMT. Le marché européen est déjà là. » Certes, mais il reste marginal et porté par les flottes d’entreprises. Pour qu’il se développe et qu’il tienne face aux concurrents chinois, « les constructeurs doivent trouver leur intérêt, et les politiques publiques doivent s’adapter », martèle Thomas Uthayakumar.

Surtout, il faudrait attendre encore quelques années pour que ces citadines moins chères arrivent sur le marché d’occasion, et deviennent vraiment abordables pour les ménages modestes. En attendant, l’État a mis en place, au début du mois de septembre, une nouvelle aide pouvant aller jusqu’à 2.000 euros qui facilite l’achat et la location de véhicules électriques d’occasion.