Aéroport de Bruxelles-Charleroi : les contrôleurs aériens annoncent 24 nuits de grève | Air Journal
Les contrôleurs aériens de Skeyes affectés à Brussels South Charleroi Airport doivent entamer, dans la nuit du 16 au 17 septembre, une série de débrayages nocturnes. Le mouvement, prévu de 22 heures à 8 heures et potentiellement prolongé jusqu’au 10 octobre, fait craindre des perturbations pour les arrivées tardives, les appareils basés à Charleroi et les premières rotations de la journée.
Le bras de fer se durcit à Charleroi. Après l’échec de la conciliation entre la direction de Skeyes, le prestataire belge de navigation aérienne, et les organisations syndicales, les contrôleurs de la tour doivent cesser le travail lors de chaque service de nuit, du 16 septembre au 10 octobre inclus. Au total, 24 nuits sont concernées.
Le syndicat VSOA (ou SLFP en français) annonce une action limitée au créneau 22 heures-8 heures, mais dont l’effet pourrait dépasser largement la seule période nocturne. Les premiers départs du matin constituent en effet une séquence sensible pour les compagnies opérant depuis Charleroi, au premier rang desquelles Ryanair, dont une part importante de la flotte est basée sur la plateforme wallonne. La direction de l’aéroport indique que ses horaires commerciaux habituels s’étendent de 6h30 à 23 heures.
Primes de nuit : deux versions s’opposent
Au cœur du conflit se trouve la rémunération du travail de nuit. Skeyes affirme que les contrôleurs réclament une indemnité portée à 160% de son niveau actuel. Selon l’entreprise, cette prime « dépasse déjà les 1 000 euros par service de nuit et par contrôleur », un niveau que la direction juge incompatible avec le fait que Charleroi est, en principe, fermé pendant la nuit.
Les représentants du personnel contestent cette présentation. La CSC affirme que les contrôleurs concernés « ne bénéficient actuellement d’aucune indemnité spécifique pour le travail de nuit », tout en assurant des missions opérationnelles tard le soir, pendant la nuit ou au petit matin. Le syndicat réclame donc « des conditions comparables à celles de leurs collègues exerçant des fonctions similaires ».
Pour le VSOA, l’argument de la fermeture nocturne ne suffit pas : des vols restent susceptibles d’être traités, notamment lorsqu’un appareil Ryanair basé à Charleroi revient avec retard après l’horaire de fermeture. Le syndicat cite le cas récent d’un avion arrivé à 5h20.
Le dossier de la tour numérique en arrière-plan
Le contentieux salarial se greffe aussi sur un dossier plus stratégique : le projet de centre de contrôle numérique à Namur. À terme, cette infrastructure doit assurer à distance le contrôle des aérodromes de Charleroi et de Liège, en s’appuyant sur des caméras et systèmes de surveillance installés sur les plateformes. Ce projet avait déjà nourri des tensions sociales au printemps. Début juin, Skeyes avait reporté les discussions relatives à cette tour numérique afin de répondre aux inquiétudes exprimées par une partie du personnel, après un arrêt de travail ayant affecté les opérations de nuit.
La procédure de conciliation engagée cet été avait d’abord permis de suspendre un préavis de grève qui devait prendre effet le 12 août. Elle n’a finalement pas débouché sur un accord.
Passagers : surveiller les communications des compagnies
Skeyes prévient qu’une interruption de dix heures par nuit pendant 24 nuits consécutives pourrait avoir « des conséquences très importantes » pour l’aéroport, les compagnies, les passagers et les entreprises dépendantes de son activité.
Aucune liste de vols annulés ou décalés n’était encore communiquée au moment de l’annonce. Les voyageurs concernés par un départ matinal ou une arrivée tardive à Charleroi ont donc intérêt à vérifier régulièrement le statut de leur vol auprès de leur compagnie aérienne, avant de se rendre à l’aéroport.

@BSCA
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