Au procès de l’assassinat en 2022 de l’ancien international argentin Federico Aramburu, la Cour d'assises s'est penchée ce mardi 8 septembre sur le parcours de vie des accusés, Romain Bouvier et Loïk Le Priol.

Publié le : 08/09/2026 - 23:12Modifié le : 08/09/2026 - 23:17

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Avec notre envoyée spéciale à la Cour d'assises de Paris, Laura Martel

Romain Bouvier, 35 ans, est jugé pour tentative d’assassinat. Il refuse clairement d’être décrit comme d’ultradroite. Étudiant en droit à Assas, Romain Bouvier a bien côtoyé le GUD, ce groupe radical d’extrême droite plusieurs fois dissous. Mais ce n’était « que 6 mois », insiste l’accusé, qui récuse toute adhésion idéologique : ce rapprochement, c’était pour suivre les pas de son père décédé, ancien du GUD, mais surtout par amitié pour Loïk Le Priol et Édouard Klein, président du mouvement.

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Aucune idéologie à voir non plus dans cette édition rare de Mein Kampf retrouvée dans sa bibliothèque. « J’ai presque tous les textes de référence des totalitarismes du XXe siècle », balaie l’accusé, dont l’érudition est unanimement pointée. Mais qui n’hésite pas à user de ses poings, avec son ami Le Priol. En février 2015, tous deux sont impliqués dans une violente bagarre de rue : il écope de deux mois avec sursis. « J'ai frappé pour me défendre, mais je regrette », « rien ne justifie la violence physique », commente Romain Bouvier.

Huit mois plus tard, ils font partie d’un groupe de cinq membres ou sympathisants du GUD, qui violentent et humilient l’ex-président Édouard Klein : il prend trois ans ferme. « Des violences atroces que je regrette chaque jour », condamne-t-il, « à l’époque j’étais dans une masculinité toxique ». « Et en 2022, c’était encore le cas ? », relève une avocate de partie civile. « Parce qu’à chaque épisode, vous agissez, puis vous regrettez, mais quand est-ce que vous évoluez ? Parce qu’aujourd’hui vous êtes là pour tentative d’assassinat », cingle-t-elle.

« Où est le vrai Loïk Le Priol ? »

Durant plus de quatre heures d’interrogatoire, Loïk Le Priol, 32 ans, accusé d'avoir tué le rugbyman avec préméditation, a quant à lui tenté de nuancer son profil de sympathisant d’ultradroite. « Vous vous engagez pour servir la France, vous défendez les valeurs de la République », pointe le président, mais il y a « ces bagarres, l’alcool, vous êtes interpellé à plusieurs reprises : il est où le vrai Le Priol ? » « Oui, c’est un vrai paradoxe », admet l’intéressé.

De sa famille nombreuse à l’armée qu’il rejoint à 16 ans, en passant par la religion, le scoutisme ou le rugby, Loïk Le Priol met en effet en avant ses valeurs : esprit de groupe, amour des autres, respect et honneur. Pourtant, nombreuses sont les violences qui lui sont imputées, dont certaines à connotation raciste, listées par le président. Il y a aussi sa proximité avec le GUD, ce groupe radical d’extrême droite auquel a été affilié son ami et co-accusé Romain Bouvier.

« Si vous m’aviez demandé à l’époque si j’appartenais à la bande du GUD j’aurais dit oui », admet l’accusé. Mais il l’affirme, s’il a pu être « perméable à certaines idées » étant jeune, ses opérations en Afrique en tant que commando de marine lui ont ouvert les yeux : « L'armée, c’est mieux que le vivre ensemble, c’est le combattre ensemble, le mourir ensemble », dit-il. Mais l’expérience a été traumatisante. En 2015, il est rapatrié, un stress post-traumatique diagnostiqué avec 60 % d’invalidité. « À mon retour, ça a été une fuite en avant complètement hallucinante, remplie d’alcool, confie-t-il, j’ai fait n’importe quoi. » Comprendre notamment la violente agression de l’ex-président du GUD, qui lui vaudra deux ans ferme.

Face à son avocat qui insiste sur l’altération de son discernement alors reconnue par le tribunal, Loïk Le Priol, qui a fini en larmes mais se refuse à revenir en détails sur ce qu’il a « vu et fait », l’assure : dans cette affaire, il compte « assumer » ses actes, « sans (s)e cacher derrière les médecins ».

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