Affaire Jubillar : "Je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard"... Cédric Jubillar a raconté à la magistrate comment il a tué Delphine
L’affaire Jubillar connaît un tournant avec les aveux détaillés du mari. Devant la magistrate, il décrit la nuit du drame et les gestes qui auraient conduit à la mort de Delphine.
Le 15 juillet dernier, Cédric Jubillar est passé aux aveux devant une magistrate toulousaine. Nos confrères du Parisien se sont procurés le procès-verbal dans lequel il décrit cette fameuse nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Cédric Jubillar affirme d'abord s'être "couché vers 22 h 30 ; le petit et Delphine sont venus me faire un câlin dans mon lit ; je me suis endormi, je dormais mal depuis quelque temps, je me réveillais souvent la nuit et j’allais fumer une cigarette pour me détendre car j’étais stressé". "Ce soir-là, je me suis réveillé dans la nuit, vers 1 heure ou 1 h 30, mais je ne pourrai pas être plus précis. Je suis allé dans le salon et Delphine m’a tout de suite dit : 'Qu’est-ce que tu fous là ?'. Je lui ai répondu : 'Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Comme tu as demandé le divorce, je n’ai plus de comptes à te rendre'."
L'échange, très tendu, est alors "parti en insultes". "Elle m’a dit : 'Tu n’es qu’une merde, un toxico de merde, je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi'. Je me suis avancé en sortant du bar et là, elle m’a dit quelque chose qui m’a fait péter les plombs. J’ai vrillé, elle était à ce moment-là entre le frigo et le bar. Elle m’a dit : 'Maintenant, je n’ai plus rien à perdre, je peux te l’avouer, j’en ai trouvé un qui me fait mieux l’amour que toi'."
"Je me suis dit qu'il fallait que je la cache"
"Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré, je lui disais : 'Tais-toi, tais-toi, je t’en supplie, tais-toi'. Je voulais que ça s’arrête, qu’elle se taise, je n’en pouvais plus." "Quand je faisais ça, elle était en face de moi, je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard."
Mais Delphine "est tombée inerte. Je me souviens aussi que je serrais, je répétais en boucle, trente, quarante, cinquante fois, je ne sais pas, tais-toi". "Il m’a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis en panique, je suis tétanisé, je ne sais plus quoi faire [...] Je me suis dit qu’il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça et qu’ils allaient m’en vouloir, je me suis dit qu’il fallait que je la cache. Je l’ai chargée sur mon épaule et je l’ai déposée dans le coffre de la voiture" pendant que leurs enfants dormaient.
Au volant de la voiture, il dit avoir dévalé la pente au point mort pour ne pas que les voisins l'entendent. Il s'est rendu à l'endroit où il a enterré le corps, à Mailhoc. Plus tard dans la nuit, il contactera les amis de Delphine pour les alerter de sa disparition, avant d'appeler les gendarmes.