Affaire Jubillar : "Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou, je l’ai serrée", le récit des aveux de Cédric Jubillar
l'essentiel Entendu par une magistrate après ses aveux transmis au début du mois de juillet, Cédric Jubillar est revenu sur le déroulement de la nuit du drame. Selon le procès-verbal de son audition, il affirme avoir étranglé Delphine Jubillar lors d’une dispute survenue à leur domicile dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Après plus de cinq ans de silence, Cédric Jubillar a livré devant la justice le récit de la nuit où il affirme avoir tué son épouse Delphine. Dans un procès-verbal consulté par Le Parisien et RTL, le peintre-plaquiste de 38 ans reconnaît pour la première fois être "l'auteur de la disparition" de sa femme et décrit l'enchaînement qui, selon lui, a conduit à sa mort dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
"Je reconnais les faits, être l'auteur de la disparition de mon épouse", déclare-t-il devant Valérie Noël, magistrate désignée par la présidente de la cour d'assises de Haute-Garonne pour recueillir ses explications après ses aveux transmis à ses avocats le 6 juillet dernier.
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Selon son récit, la soirée avait commencé sans incident particulier. "Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, je me suis couché vers 22 h 30, le petit et Delphine sont venus me faire un câlin dans mon lit et je me suis endormi", explique-t-il. Il affirme s'être réveillé "dans la nuit", "vers 1 heure ou 1 h 30". "Je dormais mal depuis quelque temps, je me réveillais souvent la nuit et j'allais fumer une cigarette, car j'étais stressé, on parlait de divorce avec Delphine."
"Je venais de tuer la mère de mes enfants"
"Je suis allé dans le salon, et Delphine m'a tout de suite dit : 'qu'est-ce que tu fous là'. Je lui ai répondu : 'qu'est-ce que ça peut te foutre, comme tu as demandé le divorce, je n'ai plus de compte à te rendre'", a-t-il déclaré. Cédric Jubillar raconte ensuite que Delphine Aussaguel lui a brandi son téléphone, sans distinguer précisément ce qui y était affiché. "J'ai eu l'impression que c'était une photo d'elle un peu sexy", raconte-t-il.
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L'échange dégénère : "c'est parti en insultes, elle m'a dit : 't'es qu'une merde, un toxico de merde, je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi'". Le peintre-plaquiste affirme que "son épouse lui a dit quelque chose qui (lui) a fait péter les plombs". Elle lui aurait lancé : "maintenant je peux te l'avouer, j'en ai trouvé un qui me fait mieux l'amour que toi."
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"Je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou, je l'ai serrée en lui disant : 'tais-toi'", poursuit-il. Il décrit ensuite les derniers instants de son épouse. "Quand je faisais ça, elle était en face de moi, je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. Elle est tombée inerte. Je me souviens aussi que je serrais, je répétais en boucle, trente, quarante, cinquante fois, je ne sais pas, tais-toi", décrit-il. "Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis en panique. Je suis tétanisé."
"J'ai réalisé que j'avais commis quelque chose d'abominable"
"Je me suis dit qu'il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça et qu'ils allaient m'en vouloir, je me suis dit qu'il fallait que je la cache", raconte-t-il. Je l'ai chargée sur mon épaule, et je l'ai déposée dans le coffre de la voiture", a-t-il poursuivi, indiquant avoir descendu la rue "au point mort pour ne pas réveiller les voisins". "Je ne savais pas où aller, je n'avais pas d'objectif précis (...) Je me souvenais avoir vu des monticules de terreau que j'avais vu avant dans le cadre d'un chantier. Je me suis dit que j'allais la mettre là-bas".
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Il détaille avoir "évacué de la terre entre deux monticules de terreau" en utilisant ses mains. "Comme c'était du terreau, c'était facile, j'ai creusé comme je pouvais, et j'ai recouvert comme je pouvais", détaille-t-il. En rentrant chez lui, il a jeté les effets personnels de son épouse, avant de s'endormir dans le canapé : "j'ai vérifié que les enfants dormaient bien, j'ai vu le téléphone de Delphine, je l'ai pris avec une paire de boots et un manteau à elle et j'ai tout jeté dans la poubelle d'un voisin à 50 mètres de la maison."
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"J'ai réalisé que j'avais commis quelque chose d'abominable. Après je me suis enferré dans mon mensonge. Avec la pression des enquêteurs, la pression médiatique, la pression des juges, je ne savais pas comment faire pour me sortir de mon mensonge", affirme-t-il. "Je pense beaucoup à mes enfants, j'ai peur qu'ils m'en veuillent, qu'ils ne veulent plus me parler, j'ai d'énormes remords par rapport à Delphine, à ma belle-mère, à mes enfants, je pense beaucoup à eux", a-t-il conclu, avant d'indiquer où il avait dissimulé le corps.
Dans la foulée de ses aveux, Cédric Jubillar a conduit les enquêteurs vers un champ situé à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, où il a affirmé avoir abandonné le corps de son épouse. Les fouilles ont permis de découvrir des ossements, identifiés par la suite comme étant ceux de Delphine Jubillar.