l'essentiel Entendu par le juge d’instruction d’Agen mercredi, le principal suspect dans l’affaire Lyhanna est désormais poursuivi pour meurtre et viol. Il est également mis en examen pour des faits de viol et d’agressions sexuelles dans l’affaire dite "Rosa". L'homme de 41 ans, qui fait également l'objet d'autres dépôts de plaintes, continue toutefois de faire valoir son droit au silence. Explications.

Finira-t-il par passer à d'éventuels aveux ? Un mois et demi après son interpellation, Jérôme Barella voit l’étau se resserrer autour de lui sans pour autant dévier de sa stratégie consistant à garder le silence. Depuis sa récente audition par le juge d’instruction, mercredi, le père de famille et intérimaire de 41 ans est pourtant mis en examen par le parquet d’Agen pour viol et meurtre sur une mineure de 15 ans dans l’affaire Lyhanna, mais aussi pour viols et agressions sexuelles sur une mineure de moins de 15 ans dans l’affaire dite "Rosa".

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Interpellé le 30 mai à la suite de la disparition de Lyhanna à Fleurance, dans le Gers, Jérôme Barella avait été poursuivi dans un premier temps pour "enlèvement et séquestration" à la suite de sa garde à vue. Placé à l’isolement dans une cellule du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (Landes) depuis début juin, le suspect en a donc été extrait mercredi pour répondre à la convocation des magistrats instructeurs d’Agen, une première depuis la découverte du corps de la fillette de 11 ans. Pour rappel, Lyhanna avait été retrouvée six jours après sa disparition dans un silo désaffecté situé à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, dans le village de Puycasquier.

Entendu pendant six heures à Agen

Très attendue, l’audition donnait à Jérôme Barella l’occasion de s’expliquer sur les éléments recueillis depuis la découverte du corps de Lyhanna, les circonstances de la mort de la fillette n’ayant toujours pas été rendues publiques à ce jour. Entendu pendant six heures, il a été confronté aux éléments de l’enquête recueillis ces dernières semaines, notamment lors de la récente perquisition de son domicile, effectuée en sa présence le 6 juillet à Montestruc-sur-Gers, mais aussi à la suite des examens médico-légaux qui ont confirmé la présence de son ADN sur le corps de Lyhanna, sans toutefois déterminer les causes exactes du décès.

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Face aux magistrats instructeurs, l’homme de 41 ans s’est montré peu disert. "Il a répondu à quelques questions concernant sa personnalité mais a rapidement fait valoir son droit au silence", a indiqué Bérangère Lacan, procureure de la République adjointe, dans un communiqué rendu public mercredi soir. À l’issue de l’audition, ses avocates n’ont pas souhaité s’exprimer. "Pas de commentaire", ont-elles simplement déclaré. L’avocat des parents de Lyhanna s’est également abstenu de toute déclaration.

Jérôme Barella a été entendu au palais de justice d'Agen mercredi.
Jérôme Barella a été entendu au palais de justice d'Agen mercredi. DDM - Olivier Niedergand

Cette attitude peu collaborative de Jérôme Barella n’est pas un fait nouveau. Voilà plusieurs semaines maintenant qu’il se mure dans le silence, après avoir vainement tenté de manipuler les enquêteurs lors de sa première garde à vue, fin mai. Le suspect leur avait alors assuré avoir déposé Lyhanna devant la piscine de Fleurance et avait évoqué la piste d’une fugue de la fillette, à la suite d’un prétendu différend avec ses parents au sujet de son téléphone portable. Des propos jugés à l’époque "incohérents" par les enquêteurs. Depuis, il reste mutique.

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Cette ligne de défense pourra-t-elle tenir longtemps, alors même que Jérôme Barella se retrouve aujourd’hui rattrapé par son passé trouble ? Outre l’affaire Lyhanna, le quadragénaire est en effet visé par une dizaine de procédures, dont une plainte déposée par sa compagne, et directement mis en cause à présent dans l’affaire dite "Rosa", une enfant de 11 ans qui l’accuse d’une cinquantaine de viols présumés dans le Gers. C’est dans ce cadre qu’il a également fait l’objet d’un "interrogatoire de première comparution", mercredi à Agen.

Il encourt la perpétuité

Là aussi, Jérôme Barella a fait valoir son droit au silence, avant d’être mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineure de moins de 15 ans. "Il a été placé sous mandat de dépôt criminel par la juge des libertés et de la détention d’Agen dans le cadre de cette seconde procédure d’instruction, conformément aux réquisitions du parquet", a précisé le parquet d’Agen.

S’il demeure présumé innocent, Jérôme Barella encourt aujourd’hui la perpétuité. Reste à savoir si cela suffira à le faire parler.