"Il ne faut jamais relâcher la pression" : dans le Gard, les agents de l’ONF aidés de la gendarmerie et de la police municipale en patrouille
Face au risque élevé d’incendie dans le département, une patrouille de sécurité réunissant agents de l’ONF, de la police municipale et de la gendarmerie s’est déroulée ce jeudi. Une mission : sensibiliser le public, informer et réprimer face au risque du feu.
Près de neuf incendies sur dix sont d’origine humaine. C’est le constat relevé chaque année par Xavier Ravaux, technicien forestier territorial à l’Office national des forêts (ONF) sur le secteur du Gardon. La période estivale annonce des risques élevés de feux de forêt. Durant trois heures, huit agents de l’ONF et de la gendarmerie sillonnent les sentiers situés près des points d’eau, très fréquentés par les Gardois et les touristes. L’objectif est avant tout de sensibiliser le public face au risque élevé d’incendies.
Des dizaines de mégots retrouvés et trois foyers de feu
Premier arrêt : l’étang de la Valliguière à Remoulins. Les voitures s’arrêtent au bord d’une piste forestière. Aucun bruit autour hormis les cigales qui chantent. La végétation est devenue de la paille, asséchée par les 40 °C. Renforcée par la police municipale de la ville, la patrouille est à l’affût de chaque indice relevant d’une conduite risquée. Leur regard est alerte et leur posture est vigilante. "Il suffit de regarder au sol et de compter le nombre de mégots que l’on retrouve sur quelques mètres carrés. C’est impressionnant. C’est une pollution à long terme mais c’est aussi un risque de départ de feu. On atteint des records !", réagit Xavier Ravaux. Dix minutes de marche suffisent au bord de l’étang pour trouver des dizaines de mégots sur le sentier, un paquet de cigarettes et trois foyers de feu. "Dès que l’on voit un reste de feu de camp, on vérifie s’il n’est pas encore chaud, puis on le détruit pour ne pas inciter les autres."
À la même période l’année dernière, les agents ont retrouvé 17 placements de feu. "Ces missions récurrentes de contrôle font sensiblement baisser le nombre d’incivilités depuis les dix dernières années mais il ne faut jamais relâcher la pression. C’est une lutte permanente." Près de l’étang, les agents municipaux passent trois fois par jour pour prévenir contre les risques. "Il faut être présent sur le terrain et être au contact des gens et parfois, les réprimer parce que les gens continuent à faire des barbecues dans ces endroits secs", rajoute l’agent de l’ONF.
Une tolérance zéro pour l’emploi du feu
La vigilance est d’autant plus forte sur le site de Collias, situé en bordure d’un massif forestier extrêmement combustible. Près du chemin du Gardon, près de la rivière, les locaux et les touristes affluent pour une baignade rafraîchissante. Et les incivilités augmentent, liées à la proximité des routes et des parkings. "On habite à quarante minutes d’ici ; on connaît les risques, mais c’est toujours bien d’avoir des rappels de temps en temps", confie une habitante. Mais les agents continuent de le rappeler : "Interdiction de fumer, pas de barbecue, et ne pas s’aventurer à plus de 500 m dans les massifs." La tolérance est de zéro en ce qui concerne l’emploi du feu, sanctionné par une amende de 135 €.