Afflux de migrants à Ceuta: quels sont les pays qui veulent que l'Espagne soit exclue de l'espace Schengen?

De gauche à droite, la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen ; la ministre de l'Intérieur finlandaise, Mari Rantanen ; et la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni. - AFP
Face à l'afflux de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, l'Italie, la Finlande et le Danemark demandent l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen.
En Europe, il y a ceux qui veulent apporter leur aide à l'Espagne et ceux qui veulent l'exclure de l'espace Schengen. Dans la soirée, ce jeudi 30 juillet, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni a ouvert le bal en déclarant vouloir fermer l'espace Schengen à l'Espagne après que des dizaines de milliers de migrants sont entrées illégalement dans l'enclave située au Maroc.

Crise migratoire à Ceuta: d'où vient cette crise migratoire soudaine?
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"Nous sommes en train de réunir les instances compétentes et, à l'issue de ces réunions, nous sommes prêts à agir, y compris par des mesures exceptionnelles (...), comme la suspension de l'espace Schengen avec l'Espagne", a partagé sur X la cheffe du gouvernement d'extrême droite en dénonçant la "menace" de l'immigration clandestine.
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"Cela ne peut pas continuer"
Ce vendredi matin, la ministre de l’Intérieur de Finlande, Mari Rantanen, membre de la droite populiste, a appelé les autres pays européens à faire de même.
"L'Espagne a complètement échoué à protéger la frontière extérieure de l'espace Schengen contre les intrusions. Cela ne peut pas continuer", a-t-elle écrit sur X.
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"Les pays qui ne remplissent pas leur obligation de protéger la frontière extérieure ne peuvent pas être membres de Schengen", a-t-elle poursuivi, appelant tous les pays européens à suivre la proposition de Giorgia Meloni.
En début d'après-midi c'est au tour de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen de demander à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen. "Il va de soi que l'UE doit immédiatement prendre toutes les mesures nécessaires et envisager toutes les options, y compris une suspension de la coopération Schengen. Une immigration incontrôlée constitue une menace pour l'Europe et pour le Danemark", a estimé Mette Frederiksen.

"Démagogie"
Qualifiant les images en provenance de Ceuta de "choquantes", elle a indiqué s'être déjà entretenue avec la cheffe du gouvernement italien d'extrême droite, Giorgia Meloni, qui a proposé de fermer l'espace Schengen à l'Espagne. "Nous rassemblons des dirigeants européens pour discuter de la situation", a-t-elle précisé.
Après les déclarations de Giorgia Meloni, l'Espagne a immédiatement contre-attaqué. Le ministre des Affaires étrangères de la péninsule ibérique, José Manuel Albares, a dénoncé la "démagogie" de l'Italie et a convoqué l'ambassadeur italien en signe de protestation.
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Le message du ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani "est inapproprié" de la part "d'un pays partenaire et ami dont nous attendons une solidarité européenne et non une démagogie partisane", a déclaré José Manuel Albares sur le réseau social X, où il a ajouté qu'il convoquait "demain (vendredi) l'ambassadeur d'Italie" à Madrid.
"Il n'y a pas aujourd'hui de mouvements vers le continent européen"
Une telle mesure n'est toutefois pas envisagée dans les textes européens. "Le système Schengen ne prévoit pas une telle disposition: un État ne peut pas unilatéralement exclure un autre", explique Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit à l'université Lyon 3.
S'il n'est pas question d'exclure un pays de Schengen, il est en revanche possible pour un État membre de rétablir des contrôles exceptionnels et temporaires à ses frontières. Les modalités sont détaillées au sein du code Schengen. Ces contrôles sont par exemple autorisés en cas de "menace grave pour la sécurité intérieure ou l'ordre public". Parmi les exemples cités: le terrorisme et la criminalité organisée ou les urgences de santé publique.

Les "mouvements soudains, de grande ampleur et non autorisés, de ressortissants de pays tiers entre les États membres", sont également évoqués. Mais jusqu'à présent, un haut responsable européen, sous couvert d'anonymat, affirme qu'"il n'y a pas aujourd'hui de mouvements vers le continent européen".
Dans le cas spécifique où ils pourraient mettre en péril le fonctionnement "de l'espace sans contrôle aux frontières intérieures". Comme d'autres, le président français Emmanuel Macron a ainsi réclamé au ministre de l’Intérieur de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne", selon son entourage. "Mais il n'y a pas de frontière intérieure entre l'Italie et l'Espagne et encore moins entre l'Espagne et la Finlande", souligne Marie-Laure Basilien-Gainche.
L'administration Trump en embuscade
Outre Atlantique, Donald Trump a dénoncé les images "terribles" de milliers de migrants rejoignant l'enclave espagnole de Ceuta. "Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l'emporte", a déclaré le président américain, selon des propos rapportés par une journaliste de la chaîne américaine.
"Ces images en provenance d'Espagne sont un rappel malheureux des conséquences des migrations de masse et des politiques mondialistes de la gauche radicale qui ont permis l'invasion de l'Occident", a écrit sur X, JD Vance. "Dieu merci", a ajouté le vice-président américain, Donald Trump "a été élu et la frontière de notre pays ne ressemble plus à ça".
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Plus tôt dans la journée, les conseillers du président américain se sont empressés de récupérer les images du passage des migrants du Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta pour défendre la politique répressive de Donald Trump sur l'immigration et alerter sur un éventuel retour au pouvoir des démocrates.
"Les démocrates ont infligé cela à l'Amérique chaque jour pendant quatre ans sous Biden et le referont tout de suite, mais à une échelle infiniment plus grande, s'ils obtiennent la moindre parcelle de pouvoir national" a écrit sur X, Stephen Miller, proche conseiller du président américain.
"Votre maison sera détruite et pillée par des envahisseurs, et les démocrates s'en réjouiront", a ajouté cet habitué de la surenchère anti-immigration en commentant des images d'une foule s'agitant autour des hautes barrières de Ceuta.