L’été sera chaud : amours, ruptures, coups de foudre, bébé… quand les vacances au camping rallument la flamme (ou le contraire)
Série L’été sera chaud/Episode 8/8. On vient au camping pour décrocher, profiter du soleil, partager du temps en famille… et parfois, retrouver son couple. Entre disponibilité retrouvée, lâcher-prise et promiscuité assumée, les vacances sous la tente ou dans un mobil-home créent un contexte favorable à l’intimité et c’est ce que Midi Libre a choisi d’explorer pour ce dernier épisode de notre série "L’été sera chaud". Au fil des confidences des vacanciers et des anecdotes du gérant, ce reportage au camping de l’Arnel, à Villeneuve-lès-Maguelone, explore une autre facette des vacances : celle où la libido prend, elle aussi, ses quartiers d’été.
Début de soirée au camping de l’Arnel, à Villeneuve-lès-Maguelone. Pascale et René, la soixantaine, sont arrivés il y a quelques jours, pour passer un mois de vacances dans un mobil-home, avec leurs petits-enfants. Dans cet espace réduit, bien différent de leur villa de 140 m2 à Chalon-sur-Saône, le couple aux 45 ans de vie commune, se retrouve : "La vie en camping nous rapproche, constate René. À la maison, je passe souvent la journée à travailler au sous-sol. On peut se perdre de vue tandis qu’ici, on est obligé d’être ensemble, on se retrouve plus dans l’intimité."
Cette promiscuité resserre clairement leurs liens. "Ce sont des moments comme ça qui font qu’on reste soudés." Pascale apprécie partager du temps en famille et fabriquer des "moments de bonheur" avec son mari : "On fait pas mal de soirées ici, on aime bien le karaoké et manger au restaurant. Notre couple va bien", partage dans un sourire celle qui savoure encore plus ces moments de bonheur depuis un infarctus en 2023 dans un camping de Vias. Les petits-enfants, eux, sont bien occupés, et se sont déjà fait des copains pour partager leurs jeux.
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"Je suis détendue […] tout est bien isolé"
Dans un mobil-home voisin, Christelle, 48 ans, propose de venir sur sa terrasse. Elle est venue de l’Aine pour quinze jours avec mon mari, Johnny, 53 ans, et l’un de leurs trois enfants, âgé de 16 ans. "Je suis détendue, l’environnement est calme, tout est bien isolé. On sort du quotidien et je sais que cette parenthèse va resserrer les liens de notre couple." Leur ado n’est pas dans les parages. Il s’est fait des copains et "on ne le voit pas de la journée." De quoi avoir du temps à deux. Et, pour l’adolescent, de vivre ses premières amours de vacances, qui sait.
"La promiscuité a tout fait éclater"
Tout n’est évidemment pas rose. Si certains couples se rapprochent ou se forment ici, d’autres se séparent, aussi. C’est le cas de Xavier, célibataire de 53 ans aujourd’hui, qui a vu son histoire se terminer à l’Arnel. "C’était déjà tendu et la promiscuité a fait tout éclater", commente le propriétaire d’un mobil-home qui recherche aujourd’hui des rencontres amicales. À ses côtés justement, Chloé, 25 ans, son invitée : "Je suis là pour m’amuser, profiter, pas pour trouver l’amour." Les deux se sont apparemment bien trouvés.
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Un "bébé de l’Arnel"
Les premières histoires d’amour en vacances commencent très jeunes : "On a des tout-petits de 4-5 ans qui cherchent leur amoureux ou leur amoureuse d’une année sur l’autre", partage Nicolas Thevenin, propriétaire du camping depuis 2022. Trêve de mignonnerie. Retour sur le terrain des ados et adultes où les anecdotes, parfois croustillantes, ne manquent pas. "On déjà a eu un "bébé de l’Arnel", raconte le gérant.
Bain de minuit tout nu
"Un couple est revenu nous voir l’année suivant leur séjour pour nous présenter leur bébé. Ils nous ont simplement dit : "On l’a conçu ici, sous la douche."
Les plus jeunes, "13-25 ans, traînent pas mal dans les allées le soir." Au cours d’une nuit d’été, le patron a déjà retrouvé deux jeunes gens nus dans la piscine, pourtant fermée à partir de 19 heures. "Ils s’étaient donné rendez-vous pour un bain de minuit et avaient escaladé le grillage."
Les flirts de 48 heures, après les soirées mousse à la Guinguette de l’Arnel, sont aussi fréquents. "Les gens décompressent à mort, dansent, se relâchent ici. On a des jeunes adultes qui finissent parfois par vivre la fin des vacances dans le même mobil-home. La piscine pour mater, le resto pour conclure", résume le patron, amusé.