Quand il a dû reprendre les rênes de Spa-Francorchamps en février 2022, Amaury Bertholomé avait fait froncer les sourcils de plus d'un. Son étiquette d'ancien chef de cabinet de Pierre-Yves Jeholet l'avait fait cataloguer par certains.

Quatre ans et demi plus tard, peu remettent en cause la légitimité du Stavelotain de 38 ans qui a délivré un mandat de qualité à la tête du plus beau circuit du monde.

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Ce week-end, celui qui a servi des tonnes de frites dans les snacks du circuit comme étudiant au début des années 2000 vivra son dernier Grand Prix de Belgique comme directeur général du tracé, avant de se tourner sans transition vers son nouveau challenge comme patron du fonds souverain Wallonie Entreprendre.

Amaury, pensiez-vous quitter Spa-Francorchamps au bout de quatre ans et demi ?

Ce fut une période très intense avec beaucoup de projets développés sur ce laps de temps. À mon arrivée, il y avait des paramètres économiques compliqués. On a mis en œuvre dès 2023 une stratégie qui s'étale jusqu'en 2028. Nous l'avons développée au pas de charge. Il y eut pas mal de mouvement et de développement sur le site. Je m'en vais dans un état d'esprit serein. On ne sait jamais combien de temps on va rester, et je ne le savais pas. Mais il faut avoir de l'impact et changer le cours des choses pour apporter du positif à toutes les parties prenantes, des spectateurs aux fédérations sportives. Aujourd'hui, le circuit se porte bien, est dans une bonne santé financière et possède une attractivité certaine avec de plus en plus de monde et les plus grands championnats mondiaux qui y font escale. Je cède le flambeau à mon successeur dans de bonnes conditions.

Pourquoi avoir quitté le Circuit pour rejoindre Wallonie Entreprendre ?

Je ne voulais pas quitter le circuit mais j'ai voulu saisir une autre opportunité professionnelle. C'est ainsi que je conçois ma carrière. Mon fil rouge est de participer au développement économique de ma région. Je suis manager et gestionnaire d'entreprise de formation. Tous les postes que j'ai occupés ont un lien avec le développement économique de la région. Devenir directeur général du Circuit de Spa-Francorchamps fait partie de cette vision. Un des fondements du circuit est de favoriser le développement de l'économie régionale, et j'ai voulu contribuer à cela. En 2023, Spa-Francorchamps a généré 150 millions d'euros d'impact économique. Aujourd'hui, encore plus. Dans mes futures fonctions à Wallonie Entreprendre, qui est par ailleurs l'actionnaire principal du circuit, je vais continuer sur le même fil rouge.

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Aujourd'hui, le circuit se porte bien.

Quel sentiment vous anime avant votre départ ?

De la sérénité car la boîte va bien. J'ai aussi un sentiment d'émotion. Travailler au Circuit de Spa-Francorchamps faisait partie de mes rêves. Il a toujours fait partie de mon parcours d'une manière ou d'une autre. Cette page s'achève et c'est une émotion particulière. Quand on travaille pour Spa-Francorchamps, on travaille aussi pour un projet identitaire. Je n'en reviens pas des centaines de personnes qui m'ont parlé de leur histoire intime avec le circuit. Il fédère énormément de monde car beaucoup ont un lien affectif avec lui. On touche à un affect particulier, à l'histoire de la région, et des histoires personnelles. Mais je suis aussi excité de relever des défis importants pour l'économie régionale.

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Ce mandat vous a transformé en tant qu'humain ?

Évidemment. Il y a beaucoup de parties prenantes différentes à Spa-Francorchamps, et il faut en faire la synthèse. Il y a des moments de tensions qui font partie du quotidien. Avoir géré un lieu sportif et touristique est une belle corde supplémentaire à mon arc. Le Circuit est bien plus qu'une PME. C'est un site au rayonnement international incroyable. Ce qui m'a changé, c'est avoir dû gérer sa notoriété ainsi qu'un très grand nombre de contacts… et un peu plus de cheveux blancs (rires) !

Aurez-vous un œil sur votre successeur ?

Le processus de recrutement a été lancé cette semaine par la société spécialisée Hudson. Je n'interviendrai pas à ce niveau mais je reste disponible vu que je travaillerai dans la maison qui est actionnaire du circuit. Si la personne le souhaite, je serai là pour partager des impressions sur l'entreprise et le circuit. Mais je n'ai pas la prétention d'influer sur les projets de mon successeur.

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