Finale et match pour la troisième place de la Coupe du monde, Tour de France, GP de Spa, Benoît Delhauteur en convient : "c'est sans doute le plus gros week-end de l'année." Le chef des sports de la RTBF a le sourire : "Comme fin juin avec les 24 heures de Spa durant le Mondial et les championnats de Belgique de cyclisme notamment, ce sont des pics pour lesquels le public va être super enthousiaste et c'est positif. C'est aussi la concrétisation de plusieurs mois de préparation."

Audience, critiques sur la composition des plateaux ou sur les publicités lors des pauses hydratation, Benoît Delhauteur n'a éludé aucun sujet, en profitant aussi pour annoncer que la RTBF a acquis les droits de l'Euro 2028 et de la Coupe du Monde 2030.

Coupe du monde 2026
Benoît Delhauteur ©Martin Godfroid

Quel est votre bilan de la Coupe du monde ?

Le public a été au rendez-vous. On adapte notre analyse au changement de consommation. Les audiences télé sont plus faibles de tournoi en tournoi. Mais elles sont compensées par la hausse de consommation digitale.

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On est à 1,3 million pour Belgique - Espagne.

Vous récupérez d'un côté ce que vous perdez de l'autre ?

Le mode de mesure n'est pas le même. En linéaire, on est sur la moyenne de téléspectateurs. En digital, sur le nombre de visions mais on essaie aussi de développer le nombre de visiteurs uniques. Sur le nombre de personnes digitales et linéaires, on est à 1,3 million pour Belgique – Espagne. Soit un tiers de la population. Un ratio comparable à ce que fait M6 en France. Il y a eu un pic à 1,130 million contre l'Égypte et à plus d'un million pour les USA malgré l'horaire. Sur France – Espagne, on est à 998 000, c'est considérable pour un match sans les Diables. Même des matchs moins ronflants attirent énormément de monde en télé et sur Auvio. La force d'attraction de la Coupe du monde est assez folle. Le bilan est donc positif sur les directs et sur le reste : on est passé de 64 à 104 matchs avec un budget plus bas. Le défi était budgétaire avec des choix : arrêter l'émission d'infotainment comme la Buvette et Wunderbar, la quotidienne en radio en première partie du tournoi. Mais on a réussi à se développer en digital avec notre talk le Morning, un produit frais le matin qui correspond à ce que les gens attendent avec 5,6 millions de vues cumulées. On était là 24h sur 24 sur toutes nos plateformes. On est vraiment content du résultat. Au-delà des chiffres, il y a des retours qualitatifs du public qui sont assez positifs mais qui ne sont jamais unanimes, ce qui est logique quand on parle à 1,3 million de personnes. Je suis très content de l'équipe Diables, de l'alternance aux commentaires entre Vincent et Benjamin. De Fred Waseige aussi.

Benjamin Deceuninck, Vincent Langendries et Fred Waseige, commentateurs RTBF pour la coupe du monde 2026
Benjamin Deceuninck, Vincent Langendries et Fred Waseige, commentateurs RTBF pour la coupe du monde 2026. ©Jean Luc Flemal
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C'était un marathon, mais on a tenu le coup.

Sa présence de dernière minute est liée aux ennuis de santé de Philippe Albert. Vous en êtes satisfaits ?

Très. Il a compris qu'il ne devait pas faire du Philippe Albert, mais il a été lui-même. Il a eu la triste nouvelle du décès de son frère, il a souhaité revenir et on l'a accompagné. On en est satisfait comme de l'ensemble de nos consultants et journalistes. Lise Burion et Antoine Hick ont par exemple commenté leurs premiers matchs de Coupe du Monde. Et on est satisfait.

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Quelle note vous donneriez-vous sur ce tournoi ?

8,5. Elle aurait pu monter si les Diables étaient allés encore plus loin. Il y a bien sûr des choses qui peuvent être corrigées, améliorées. Parce qu'on veut toujours être exigeant. On a déjà noté certaines choses pour l'Euro 2028 et pour la Coupe du Monde 2030 dont on a acquis les droits. On s'adaptera à un élargissement à 64 nations et donc 128 matchs mais on est satisfait de la formule actuelle. Beaucoup se demandaient comment on allait faire pour diffuser tous les matchs. La réponse est simple : c'était l'un après l'autre. C'était un marathon, mais on a tenu le coup. Le public a suivi majoritairement. Qu'il y ait plus de matchs de nuit a fait en sorte qu'il n'y ait pas une saturation. La plupart des gens ont regardé un ou deux matchs par jour plutôt que trois ou quatre. Si le tournoi passe à 128 rencontres, on risque d'avoir des matchs entre midi et minuit mais aussi des rencontres la nuit sans doute en Amérique du Sud donc cela ne changera pas énormément de choses. Mais pour en revenir à cette Coupe du monde à 48, on était curieux de la formule. 104 matchs pour un diffuseur, finalement, c'est d'abord faisable en restant qualitatif et ensuite attractif car les gens nous suivent en masse. On préférerait cette formule mais on s'adaptera.

LOS ANGELES, UNITED STATES OF AMERICA - JULY 10 : Doku Jeremy forward of Belgium and Rodri midfielder of Spain pictured during the  FIFA World Cup 2026 round of 8 match between Spain and Belgium at the SoFi stadium on July 10, 2026 in Los Angeles, United States of America, 10/07/2026 ( Photo by Jan De Meuleneir / Photonews
LOS ANGELES, UNITED STATES OF AMERICA - JULY 10 : Doku Jeremy forward of Belgium and Rodri midfielder of Spain pictured during the FIFA World Cup 2026 round of 8 match between Spain and Belgium at the SoFi stadium on July 10, 2026 in Los Angeles, United States of America, 10/07/2026 ( Photo by Jan De Meuleneir / Photonews ©JDM

Que répondez-vous aux critiques sur le déficit d'expertise sur le plateau ?

Qu'on ne s'adresse pas au même public qu'on le fait avec la Tribune ou que sur un encadrement d'Europa League. Ou que peut le faire une télé payante comme Play Sports sur la Premier League ou Proximus sur la Ligue des champions. On s'adresse à un public large. Une partie du public ne regarde du foot que lors d'un grand tournoi. Il faut donc rester accessible tout en nourrissant les fans du foot. C'est pour ça qu'on voulait une composition de plateau toujours équilibrée. Je pense qu'il y a toujours eu de l'expertise en plateau. Que ce soit Christine (Schréder), Janice (Cayman), Cécile (De Gernier), Alex (Teklak), Nico (Frutos), Nordin (Jbari). C'était aussi important de ramener un journaliste maison avec Lancelot (Meulewaeter), Hervé (Gilbert), Eby (Brouzakis) ou Frank (Peterkenne) pour avoir un équilibre dans l'expertise et dans les profils. C'est bien qu'il n'y ait pas que des consultants, les journalistes ont un autre regard et une autre manière d'apporter leur plus-value. On assume tout à fait ce côté accessible et divers. On l'a aussi eu via des chroniques. C'est important pour l'accessibilité et la richesse du programme que d'amener d'autres choses.

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Si une femme est en plateau, c'est d'abord parce qu'elle a du talent et de l'expertise.

Quand vous évoquez votre équipe, vous commencez par parler des femmes. La direction de la RTBF assume cette féminisation du plateau, est-ce qu'il y a un danger de mettre des femmes pour mettre des femmes ?

Je pense que c'est le risque dans lequel un média peut tomber. Mais on fait toujours très attention : si une femme est en plateau, c'est d'abord parce qu'elle a du talent et de l'expertise. Mettre une femme pour mettre une femme ? Je le vois sur d'autres médias. Je pense que c'est très contre-productif s'il n'y a pas de plus-value. Notre but est d'enclencher un cercle vertueux. Pour trouver des nouveaux talents féminins qui puissent parler de sport et de foot en particulier, il faut des exemples auxquels s'identifier. Nos plateaux reflètent la réalité de notre société et on veut être attentif à tous les talents, les masculins aussi comme on l'a vu avec les chroniqueurs du podcast La 90e dans la Tribune. Et qu'on a aussi vu sur cette Coupe du Monde.

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Est-ce qu'il y a encore des fruits sur le plateau du loft ?

Apparemment oui. On fera une macédoine pour fêter la fin du tournoi (rires). On voulait quelque chose de convivial dans lequel les gens se retrouvent. Et finalement, je pense qu'on y est arrivé. C'était un défi par rapport aux contraintes budgétaires. Mais on a installé l'ambiance conviviale et moderne qu'on voulait.

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Une Coupe du monde n'est pas rentable sur un territoire comme la Belgique francophone.

Avec Jérémie Baise et Anne-Sophie Depauw à la présentation.

C'était dans la lignée de ce qu'on a fait. Avec la longueur du tournoi, il y a eu de l'alternance. On en est très satisfait : Jérémie comme Anne-Sophie ont su la jouer collective en mettant en avant d'abord les gens qui sont sur le plateau. Ce sont des maîtres de cérémonie. Anne-Sophie et Olivia Grisard à la présentation du mag étaient aussi nos visages. Les retours du public sont très positifs et ce sont ceux-là qui comptent.

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Le tournoi a aussi été marqué par les pauses hydratation de trois minutes. Contrairement à d'autres, vous les avez exploités en partie avec de la pub. Vous referiez la même chose ?

Certains diffuseurs en Allemagne ou en Angleterre ne pouvaient pas le faire. On assume l'avoir fait pendant une minute sur les trois alors qu'on aurait pu très bien vendre trois minutes de pub aussi. Mais comme c'était quelque chose de nouveau, on ne voulait pas que ce soit trop intrusif. Parce qu'on estimait qu'il y avait aussi des choses à montrer durant ces pauses. C'était aussi une manière d'avoir des revenus supplémentaires qui n'étaient pas prévus à la base alors que notre budget a été revu à la baisse. Mais de toute façon, avec ou sans ces revenus-là, une Coupe du monde n'est pas rentable sur un territoire comme la Belgique francophone. Avoir vendu une ou trois minutes n'aurait rien changé : les revenus publicitaires récoltés ne couvrent pas les droits et les frais de production.

Comment allez-vous gérer la mi-temps de la finale de dimanche ?

On diffusera évidemment le show et on mettra de l'analyse là où il restera de la place. Le timing a changé plusieurs fois ces derniers jours. On nous annonce un show qui commencera 7 minutes après le coup de sifflet final de la première mi-temps pour une durée de 11 minutes. Donc on sera minimum sur vingt mais plus vraisemblablement sur une demi-heure avant la reprise du jeu. On s'adapte. Il y a aussi de l'attente sur ce spectacle qui ressemblera à une mi-temps du Superbowl. Et le show avant la rencontre aussi. Mais avant comme après la finale, on aura aussi le temps pour de l'analyse, du récit autour de cette Coupe du monde inédite et incroyable.

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