l'essentiel À Madrid (Espagne), une femme de 87 ans a été expulsée de son logement sous les yeux de centaines de manifestants, mercredi 23 septembre. Un fonds immobilier venait de racheter son immeuble pour y faire exploser le loyer. Elle y habitait pourtant depuis 1956.

Une scène brutale. Mercredi 23 septembre, dans le quartier de Retiro à Madrid (Espagne), María del Carmen Abascal, plus connue sous le nom de "Maricarmen", a été expulsée de chez elle à l'âge de 87 ans. Elle habitait cet appartement depuis 1956. C'est là qu'elle avait passé presque toute sa vie. C'était la quatrième fois que la justice essayait de l'expulser. Cette fois-ci, les policiers sont allés jusqu'au bout, rapporte Euronews.

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"Ils ont refusé de lui laisser quelques heures pour récupérer ses affaires"

Dès le matin, des centaines de voisins et de militants du Syndicat des locataires sont venus pour bloquer l'entrée. Ils s'étaient rassemblés dans la rue, devant la porte, mais aussi dans les escaliers et jusque devant la porte de la vieille dame. Pour faire passer la commission judiciaire, les forces de l'ordre ont poussé les manifestants et ont utilisé du gaz lacrymogène et du gaz au poivre.

? ÚLTIMA HORA | Más de 10.000 personas se concentran en estos momentos en Madrid en apoyo a Maricarmen y por el problema de la vivienda según las primeras cifras de Delegación de Gobierno. #MalasLenguas pic.twitter.com/8cqn78Be0D

— Malas Lenguas (@MalasLenguas_Tv) September 23, 2026

Une ambulance est ensuite arrivée au pied de l'immeuble. Des secouristes sont entrés avec un brancard pour faire sortir la retraitée, très fatiguée. Elle est apparue dehors sous les cris et les huées de la foule envers la police.

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Son avocate, Me Beatriz Duro, a essayé de négocier une dernière fois sur le trottoir. Elle a demandé quelques jours de plus pour que Maricarmen puisse trouver un autre endroit où aller et prendre ses affaires tranquillement. La société immobilière n'a rien voulu savoir. "Ils ont refusé de lui laisser seulement quelques heures pour récupérer ses affaires personnelles dans son propre logement", a dénoncé l'avocate.

Un loyer qui passe soudain à 2 500 euros

À l'origine de cette histoire : un vieux contrat de location. En 1956, les parents de Maricarmen signent un bail à prix très bas (renta antigua). À la mort de son père, le contrat passe à sa mère. Puis, au décès de celle-ci en 2005, Maricarmen récupère le bail à son nom. La famille vit là pendant des années sans problème.

Mais en 2018, l'immeuble est vendu à Urbagestión Desarrollo e Inversión, une société d'investissement basée à Madrid et Valladolid. Ce nouveau propriétaire conteste le droit de Maricarmen de garder ce vieux contrat. La justice donne d'abord raison à la retraitée, mais le Tribunal suprême finit par donner raison à l'entreprise.

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La société lui demande alors un loyer de 2 500 euros par mois. C'est une hausse de 247 % par rapport à ce qu'elle payait et Maricarmen est dans l'incapacité de payer.

Même l'ONU n'a pas réussi à stopper l'expulsion

L'affaire a fait tellement de bruit qu'elle est montée jusqu'à l'ONU. En juin dernier, le Comité des droits de l'homme avait demandé officiellement à l'Espagne de stopper l'expulsion et de trouver une vraie solution pour reloger la vieille dame. Mais cette demande n'a pas été écoutée.

? Maricarmen: "Luchad, no os quedéis en casa. Luchad por vuestra vivienda, que tenéis derecho a ella".#Mañaneros23S pic.twitter.com/sr7Ihnx1es

— Mañaneros 360 (@MananerosTVE) September 23, 2026

L'entreprise réclame même 10 000 euros de dommages et intérêts au syndicat pour avoir aidé la retraitée. Pour se défendre face aux critiques, la mairie de Madrid explique qu'elle avait déjà proposé des aides à Maricarmen lors des précédentes tentatives en octobre et en juin. Ce mercredi, les services sociaux lui ont encore proposé une place en maison de retraite. Mais Maricarmen a refusé la proposition de la ville. Elle a préféré aller habiter chez des membres de sa famille.