Suite à l'annonce des 1 217 licenciements potentiels touchant les employés et les cadres, les sites GSK de Wavre, Rixensart et Gembloux étaient à l'arrêt ce jeudi.

À Wavre et à Rixensart, une partie du personnel s'est rassemblé aux entrées pour exprimer son indignation face à une restructuration d'une telle ampleur, GSK Belgique employant actuellement environ 8 400 personnes. "On ne s'attendait pas à un tel nombre : c'est un coup de massue", résumait un groupe de salariés.

L'hémorragie continue chez Défi : l'unique élu provincial du Brabant Wallon passe chez Les Engagés

À Rixensart, les différentes entrées du site ont été bloquées dès l'aube. Des drapeaux des centrales représentées au conseil d'entreprise – SETCa, FGTB, CNE et CSC – étaient apposés aux grilles. Les travailleurs pouvaient entrer au parking mais il n'y avait pas d'activités dans les locaux, à part la maintenance et le gardiennage.

Entre 100 et 150 personnes discutaient en petits groupes devant le poste d'identification. Plusieurs avaient revêtu le gilet de leur syndicat, rouge ou vert. Le rassemblement, totalement calme, devrait durer jusqu'à 16 h. "Le débrayage a été bien suivi, assurait un délégué sur place. Les salariés qui ne sont pas venus au rassemblement sont restés chez eux."

Un de ses collègues précisait : "Même si les ouvriers ne sont pas concernés par cette restructuration, ils sont là et ils se sont montrés solidaires. La direction a cru pouvoir diviser le personnel, mais elle n'y est pas parvenue."

Situation du géant pharmaceutique GSK: le Premier ministre Bart De Wever s'exprime

Ce site de Rixensart est principalement dédié à la recherche. Il compte une quinzaine de bâtiments, dont le plus important est appelé le "60". Une ultime activité de production existe. Elle consiste en la fabrication du vaccin pour l'hépatite B, l'Engenrix. Celui-ci va toutefois être transféré à Singapour à la fin 2029. Le vaccin contre la malaria – le Mosquirix – a, lui, déjà été délocalisé en Inde.

"Lisser dans le temps ces pertes d'emploi"

GSK Rixensart emploie environ 1 500 personnes, selon les syndicats. La présente restructuration toucherait 414 d'entre elles : 189 chez les employés et 225 chez les cadres. Un nouveau conseil d'entreprise doit se tenir ce vendredi pour entamer la procédure "Renault" de licenciement collectif. Il consistera vraisemblablement en un échange d'information voire en la fixation d'un calendrier de discussion.

"Notre objectif est de négocier ces 1 217 pertes d'emplois et de les réduire ou de les lisser dans le temps, commentait Jimmy D'Angelo, délégué CSC. On va insister sur le fait que le personnel de GSK Belgique a déjà consenti à d'importants efforts." "Sur les trois dernières années, l'emploi a en effet déjà baissé de 870 unités via des départs volontaires, des prises de pension non remplacées ou des arrêts de CDD (contrats à durée déterminée)", complétait sa collègue de la FGTB, Anne Lombart.

Pour les salariés présents, tous ces efforts apparaissent comme injustes au vu des bons résultats du groupe dans son ensemble, ainsi que de l'importance des dividendes versés aux actionnaires. "GSK n'est nullement une entreprise en difficulté…", soulignaient-ils.

Les syndicats ont décidé de lever le blocage des sites vers 17h30, ce jeudi. Pour vendredi, le mot d'ordre est de reprendre le travail, la procédure" Renault" n'en étant qu'à ses débuts.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.