Le président américain Donald Trump et Sam Altman, patron d’OpenAI au G7 d’Evian en 2026.

Le président américain Donald Trump et Sam Altman, patron d’OpenAI au G7 d’Evian en 2026. JEANNE ACCORSINI/SIPA

Depuis début septembre, les mises en garde se multiplient. Le chercheur Jacob Coxon chez Anthropic a démissionné de son poste le 9 septembre, avec ce message : « Nous croyons vraiment, sincèrement, que l’IA pourrait tuer tous les humains. » S’en sont suivis des pronostics tout aussi alarmants chez les patrons d’Anthropic, d’OpenAI, et jusqu’à Elon Musk. Ce lundi 14 septembre, l’ONU a même appelé à une « action urgente ». Mais pas de quoi inquiéter le président américain, Donald Trump.

Donald Trump a fustigé lundi une « conspiration malsaine » contre l’intelligence artificielle, rejetant les appels à plus de régulations pour cette technologie. Il a également qualifié de « canular » l’affirmation selon laquelle l’intelligence artificielle pourrait détruire l’humanité. « L’IA mettant la main sur le monde, détruisant l’humanité, et toutes les autres mauvaises choses, c’est un CANULAR », a-t-il affirmé sur sa plateforme Truth Social.

De nombreuses craintes

Pourtant, les inquiétudes vont croissant. Une IA « capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’Internet » d’ici 6 à 12 mois : tel est le message partagé samedi 12 septembre par Dario Amodei, patron d’Anthropic, sur son site personnel. D’où sa demande de décélérer le développement de l’IA, afin de mieux appréhender les risques en découlant.

Une proposition lancée après plusieurs incidents qui ont fait craindre que les concepteurs d’agents d’IA ne perdent le contrôle de leur produit. En mai des agents IA auraient, de leur propre chef, piraté un site collaboratif en se faisant passer pour un modérateur. Sur ce site, ils ont détruit et remplacé des pages.

Encore cet été, tandis qu’OpenAI entraînait des modèles d’IA pour trouver des failles informatiques, des agents autonomes se sont échappés de ces tests. Ils ont attaqué Hugging Face, une plateforme où les développeurs mettent en commun leurs modèles d’IA. Ils ont ainsi réussi parvenir à ce piratage et, même effacer leurs traces.

Dario Amodei a été publiquement soutenu par son homologue d’OpenAI, Sam Altman, ainsi que par Elon Musk, longtemps proche de Donald Trump.

Une réunion du conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Intelligence artificielle devrait se tenir la semaine prochaine à l’occasion de l’Assemblée générale, a indiqué lundi une source diplomatique française.

Au Royaume-Uni, le roi Charles III a pour sa part convoqué un sommet qui doit réunir prochainement en Ecosse des représentants des grandes entreprises d’intelligence artificielle, dont Google DeepMind ou OpenAI.

Trump riposte

Ce 14 septembre, Donald Trump a riposté sur son réseau Truth Social, lançant que « Le seul contrôle ou “garde-fou” dont a besoin l’IA est un PRESIDENT FORT ET INTELLIGENT (Q.I. élevé !) et les Etats-Unis en ont en pagaille. » Il a rejeté les appels pour renforcer les régulations et retourné l’accusation. « L’administration Trump a empêché les “gens” de l’IA de faire des “choses” mauvaises, ou potentiellement mauvaises, comme Dario (Anthropic !), qui fait maintenant semblant d’être un “parfait petit ange” », s’est-il innocenté.

A l’approche des élections législatives de mi-mandat, qui se dérouleront début novembre, l’opposition démocrate fustige la non-réglementation de l’administration Trump en matière d’IA. Depuis plusieurs mois, un mouvement de contestation populaire grandit dans le pays, notamment face à l’explosion des centres de données. Lui fait la sourde oreille : « l’IA et les data centers seront le plus Grand Développement Economique et Technique de l’Histoire - plus Grand que le Pétrole, l’Or, les Diamants, ou même Internet. »

Mais dans sa vindicte, les inquiétudes de Trump se font jour : « Une CONSPIRATION MALSAINE est à l’œuvre contre l’IA et les centres de données, et la seule qui s’en réjouit, c’est la Chine. »

« CELUI QUI GAGNE LA COURSE À L’IA GAGNE ! Nous devançons la Chine et tous les autres, et nous continuerons à le faire », a-t-il affirmé dans sa publication. Pour rester premier, l’enjeu serait pour son administration de garder sur le sol américain les technologies américaines. D’où sa mise en garde des « traîtres » et personnes à l’origine de fuites dans la presse.

Réciproquement, le chef du renseignement chinois Chen Yixin a averti dimanche que l’IA représentait une menace pour la sécurité nationale de son pays, estimant que des puissances étrangères pourraient utiliser cette technologie pour le déstabiliser. Il a souligné dans un article que l’IA constituait désormais « le principal champ de bataille de la concurrence technologique mondiale et une nouvelle piste pour la rivalité stratégique entre grandes puissances ».

Par  Service Actu