l'essentiel EXCLUSIF. Un homme, soupçonné de viol sur une jeune femme, a été arrêté début juillet à Saint-Gaudens avant que son comportement soit jugé "inapte" à la garde à vue. Les policiers attendaient sa sortie de l'hôpital psychiatrique mais l'homme a profité d'une promenade pour s'éclipser. Les policiers de Saint-Gaudens, inquiets mais réactifs, l'ont vite retrouvé et arrêté. Les détails d'une histoire qualifiée de "rocambolesque" par le procureur de Saint-Gaudens, Christophe Amunzateguy. 

Quand il s'est réveillé dimanche après-midi, dans la maison d'un proche à Auzon, près de Montréjeau, au sud de Toulouse, l'homme a sans doute pensé à un mauvais rêve. Parce que, loin de la sirène imaginée, ce sont les policiers qui l'ont sorti des bras de Morphée. Réveil en douceur, mais avec des menottes aux poignets et aux pieds avant de prendre la direction du commissariat de Saint-Gaudens pour la reprise de sa garde à vue.

Elle avait commencé au matin du mardi 7 juillet, quand des personnes occupées à nettoyer leur voiture, dans une station-service du nord de Saint-Gaudens, ont vu arriver une jeune femme affolée, entièrement nue. Choquée, cette femme a expliqué qu'elle venait d'être violée par un homme qu'elle suivait dans le cadre de ses activités professionnelles. Au même moment, l'homme en question cherchait à quitter les lieux...

Arrêté, il devient ou il joue au fou

Il n'a pas réussi à passer la première vitesse de la voiture "empruntée" à sa victime, vite intercepté par un témoin, content de voir rapidement arriver les fonctionnaires de police de Saint-Gaudens. Le suspect a été embarqué, la jeune femme prise en charge et confiée aux services spécialisés. Au commissariat, le comportement de l'homme a vite dégénéré. Hurlements et coups de tête contre les murs... Difficile de savoir s'il s'agissait d'une vraie crise d'angoisse ou "de pur cinéma pour éviter la prison", glisse un policier pas convaincu.

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Le psychiatre appelé pour examiner l'individu a jugé l'homme suicidaire, la garde à vue "incompatible" et l'hospitalisation "nécessaire". Direction l'hôpital psychiatrique de Lannemezan pour cet homme âgé de 64 ans, au passé judiciaire déjà passablement illustré. "Principalement pour des affaires de vol, pas des crimes sexuels", prévient le procureur Christophe Amunzateguy.

Pendant son hospitalisation en psychiatrie, les enquêteurs de Saint-Gaudens attendaient sa sortie pour reprendre les questions qui fâchent. Seulement le suspect, finalement plutôt lucide, a apprécié d'apprendre que sa sortie était programmée pour le lundi 20 juillet, mais pas que les policiers l'attendaient. Et, curieusement, il a profité d'une "promenade de réinsertion" pour faire discrètement ses valises samedi.

En cavale, il vole une voiture et un fusil

La nouvelle n'a pas réjoui le procureur, d'autant que, soucieux de disparaître au plus vite, l'homme a dérobé une vieille voiture. "Une Peugeot 208 avec un fusil de chasse à l'intérieur. Et pas du petit calibre...", précise le procureur, plutôt en colère. Mais ce dernier souligne "la remarquable réactivité" des équipes de police de permanence samedi à Saint-Gaudens. La surveillance des gares, des bus, des lieux d'habitation de la famille du suspect ont permis de vite retrouver sa trace à Auzon.

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En garde à vue, l'homme a nié le viol. Présenté au parquet puis à un juge d'instruction mardi 21 juillet, il a néanmoins été mis en examen pour "viol". Puis placé sous mandat de dépôt par le juge des libertés et de la détention à l'issue d'un débat agité où le suspect s'est soudain rappelé ses précédentes dérives psychiatriques.

"Il a été incarcéré", confirme le procureur. Les policiers poursuivent les investigations sous commission rogatoire et doivent entendre la victime, une femme de 35 ans qui essayait d'accompagner le suspect dans son parcours de réinsertion.