Richard Boardman, avocat au coeur de la poursuite judiciaire contre les instances du rugby au sujet des commotions cérébrales, quitte le navire et laisse plusieurs centaines de joueurs dans l'incertitude.

Qu'adviendra-t-il de cette action en justice de très grande envergure ? Son principal défenseur, l'avocat Richard Boardman, quitte le navire avant même son dénouement. C'est lui, avec sa firme Rylands Garth, qui a rassemblé plus d'un millier de cas de rugbymen (à XV et à XIII) depuis 2020 voulant poursuivre les instances au sujet des commotions cérébrales. "J'écris pour vous informer, ainsi que les plaignants, que mon intention est de me retirer de cette action publique. J'ai commencé à entreprendre les démarches pour cela."

De nouveaux représentants devront être trouvés pour ces plaignants, qui comptent dans leurs rangs les champions du monde 2003 Steve Thompson et Phil Vickery. Le cabinet Leigh Day, connu pour sa défense des accidentés du vélo et surtout de nombreuses gymnastes contre la Fédération britannique, se renseigne sur la faisabilité d'une potentielle reprise. Toujours selon le Telegraph, de nombreux joueurs ignoraient le retrait de leur représentant avant l'annonce faite devant la cour. Pendant ce temps, les défendants que sont World Rugby, les fédérations anglaise et galloise et Rugby Football League (accusés d'avoir manqué à leur devoir de protection des joueurs, victimes de commotions à répétition) réclament le retrait de plusieurs plaintes. La raison ? Rylands Garth n'aurait pas fourni les bilans médicaux de certains joueurs, alors que des audiences sont prévues cette semaine. On comprend alors le délai supplémentaire demandé par les plaignants, justifiant cette "période de transition" par le changement de représentation.

Toutefois, ce bouleversement pourrait ne pas conduire à une impasse nécessairement. En effet, le comportement de Richard Boardman s'est avéré si ce n'est problématique, régulièrement au centre de tensions à la cour. Le juge Senior Master Cook, présidant cette affaire, lui reprochait de "ne pas du tout saisir l'ampleur de ses responsabilités" et "de rencontrer des problèmes avec la langue anglaise", au vu de ses échecs répétés au moment de fournir des documents liés à ses clients.

Et nos confrères outre-Manche avaient déjà révélé les interrogations de Will Green. L'ancien pilier de l'Angleterre (4 sélections), malgré un scanner cérébral (indépendant) ne présentant aucune anomalie, a été contactée de façon répétée et pressante pour rejoindre l'action en justice. "Ils m'ont envoyé de multiples e-mails, pour m'inciter à m'engager. Mais j'aurais été à l'origine d'une escroquerie au jugement puisque le diagnostic des experts aurait été un faux. Malgré ça, ils ont quand même tout fait pour que je rallie leur cause."