Après Wildberries, Kiev cible Ozon et poursuit son offensive contre l’e-commerce russe
Du 23 au 24 août, l’armée ukrainienne a ciblé le géant russe du commerce en ligne, Ozon, à six reprises. Dans la nuit de dimanche à lundi, quatre sites de cet "Amazon moscovite" ont été frappés par des drones dans quatre régions du pays.
Entre autres, un entrepôt situé dans la Volga a été entièrement détruit. Dans la région d’Orenbourg, 300 employés ont été évacués après un départ de feu dans leur centre Ozon. Face à la menace qui pesait sur l’entreprise, certains de ses sites ont été évacués préventivement. Car ce n’est pas la première fois que les troupes de Kiev s’en prennent à un e-commerçant russe. Ces attaques font suite à l'annonce d'une campagne élargie contre les infrastructures logistiques du pays. Samedi, sur la messagerie Telegram, le ministère ukrainien de la Défense a revendiqué, une fois encore, ces frappes "systématiques" contre les centres de commerce en ligne.
Entre 600 et 800 milliards de roubles de dégâts
Une campagne que Kiev justifie en affirmant que la plateforme de commerce fournit des composants aux troupes du Kremlin. Au-delà de cet aspect militaire, l'Ukraine entend également pénaliser l'économie russe. Un objectif qu'elle n'a pas eu de mal à remplir.
Avant Ozon, ses drones ont visé, des mois durant, Wildberries, le numéro un du secteur en Russie. "Les forces militaires ukrainiennes ont déplacé leur attention vers Ozon après avoir mis hors service les trois quarts des plus grands entrepôts de Wildberries", indique Ozon dans un communiqué de presse. Une opération dont le préjudice est évalué entre 600 et 800 milliards de roubles (entre 6,2 et 8,3 milliards d’euros), rapporte le média indépendant, The Bell, dans un article repéré par Courrier international. Après l’annonce des attaques, l’action Ozon a chuté jusqu’à près de 12 % à la Bourse de Moscou. Le titre de son actionnaire, AFK Sistema, a quant à lui reculé de près de 13 %.
Trois morts dans un centre pour enfants
Si Kiev est en capacité d'impacter aussi durement ces entreprises, c'est aussi parce que leurs modèles économiques les rendent vulnérables aux attaques aériennes. Wildberries comme Ozon fonctionnent grâce à des sites entièrement indépendants et éparpillés à travers l'immensité du territoire russe. Entrepôts, centres de tirs, points retraits... autant de cibles difficiles à protéger qui, tel un rouage, peuvent empêcher la machine de tourner en cas d'immobilisation, même temporaire.
Toutefois, si l’agence de presse d’Etat, Tass, a assuré qu'aucune victime n’est à déplorer à la suite des frappes contre les sites d'Ozon, les médias locaux font, quant à eux, état de trois morts. Au nord de Krasnodar, des débris de drones ont touché un "centre pour enfants", indique le titre, 93.ru. Selon la commissaire aux droits de l’enfant auprès de la présidence russe, Maria Lvova-Belova, trois jeunes âgés de 13, 15 et 16 ans en sont décédés. Six autres ont été hospitalisés.