Dans une enquête publiée ce samedi 11 juillet, le Parisien dévoile des accusations de harcèlement sexuel et moral à l’encontre du chef cuisinier belge, Arnaud Delvenne, révélé dans la saison 13 de « Top Chef », en 2022. Finaliste de cette édition, il s’incline face à Louise Bourrat, mais fini quand même par décrocher un poste au sein des bistrots Pas Parisiens.

Le groupe, qui compte 16 restaurants, est aussi associé au présentateur de « Top Chef » Stéphane Rotenberg, qui en est coactionnaire. C’est dans ce cadre que le chef de 40 ans aurait tenu des propos graveleux à un commis appelé Samuel, qui se confie au Parisien et qui envisage encore de porter plainte. À ses premiers pas dans la cuisine, le jeune homme remarque une étrange proximité dans leur relation. « Dès le premier jour, à sa manière de poser sa main sur la mienne quand je coupais du chou, pour m’apprendre à faire le bon geste, j’ai été mal à l’aise, je ne savais pas si c’était normal. » raconte-t-il. Une familiarité qu’il retrouve également dans des sms. « Je vais vraiment t’épouser, t’es parfait mon chat. » lui aurait par exemple écrit Arnaud Delvenne, avant de lui proposer de l’accompagner à Deauville pendant deux jours, la semaine suivante.

Samuel assure avoir toujours répondu à ces propositions en précisant qu’il n’était pas intéressé et qu’il avait une copine. « J’adore détourner les hétéros. » aurait alors répondu le chef, devant d’autres employés. Contactés par le Parisien, certains salariés des bistrots Pas Parisiens confirme qu’Arnaud Delvenne est un chef « hyper proche ». « Il parle de tout, n’a pas de tabou, il taquine beaucoup et aime provoquer, moi ça ne me dérange pas, mais il y en a que ça peut choquer. » déclare l’un d’eux. Un autre relate avoir entendu le chef dira à Samuel qu’il était beau à plusieurs reprises, mais qu’il n’avait pas réagi, par peur d’être « pris en grippe ». « J’aurais dû en parler, mais j’étais gêné alors je tournais ça à l’humour, et je découvrais aussi le monde des cuisines. Je me disais que c’était peut-être normal, on est une grande famille. » explique-t-il.

Samuel raconte également qu’un soir, alors qu’Arnaud Delvenne avait organisé un repas avec quelques employés, il aurait fait des avances à un autre jeune homme, qui les avait aussi repoussées. Ce dernier avait pourtant fini la soirée « sur les genoux de son supérieur hiérarchique », qui faisait des « mouvements inappropriés » et des baisers auraient même été échangés entre les deux hommes. « Vu ce qu’il entreprenait avec moi déjà, je trouvais que les méthodes se ressemblaient : il est jeune, sous ses ordres, il tente de flirter, juste moi je ne bois jamais d’alcool. » ajoute Samuel, qui commence alors à se montrer distant. De son côté, le chef liégeois change aussi d’attitude envers lui, l’humilie, promet de le « faire craquer », puis l’affecte à l’épluchage des légumes. Le jeune commis décide alors d’enregistrer ses journées, où en entend Arnaud Delvenne lui hurler dessus, ou lui dire qu’il n’a qu’un souhait : « que tu nous quittes ». « Et si tu veux rester ici, pas de problème mais tu ne feras que de l’épluchage. C’est fini. » dit-il notamment.

« J’ai fauté et je vais entacher un groupe par mes actes »

De son côté, le chef reconnaît ses torts, demande pardon à Samuel et regrette d’avoir négativement impacté sa première expérience en cuisine. « Avec les formations que j’ai suivies depuis, j’ai compris que j’ai mal agi. Il y a faute, clairement. Et peut-être que je ne suis pas fait pour diriger une cuisine. Mais je ne sais faire que ça. C’est ma passion, je me suis lancé en cuisine contre l’avis de mes parents quand j’avais 15 ans. Et le management ce n’est pas inné. » explique-t-il au Parisien. Concernant la familiarité et les conversations autour du sexe, il assure qu’il ne fera « plus jamais ça » et qu’il a désormais le recul nécessaire. « C’est vrai qu’en montant dans la hiérarchie je dois faire attention à cette familiarité. Et c’est pareil pour mes faits et gestes et les baisers échangés avec des gens qui travaillent pour moi. J’ai fauté et je vais entacher un groupe par mes actes. » ajoute-t-il.