Thomas Kurk, le dirigeant d’entreprise suisse et responsable de la holding Swiss Montana A.G., décidé à injecter 10 millions d’euros de fonds privés par saison pour l’AS Monaco Basket, et donc en faveur du basket français, doit se demander dans quel monde il est tombé. Le moins que l’on puisse écrire est que le bureau fédéral de la FFBB, par sa décision samedi de refuser l’ASM en N1, ne l’a pas accueilli les bras ouverts.

Le choix des notables fédéraux pose un certain nombre de questions, au premier rang desquelles l’absence de considération pour les dizaines de salariés et prestataires de l’ASM Basket qui risquent fort de se retrouver sans emploi.

En outre, alors que le basket français se retrouve largué en termes de budgets et de résultats sur la grande scène de l’Euroligue, que la majorité des clubs d’Elite, d’Elite 2 et encore plus de Nationale 1 vivent sous l’assistance respiratoire des subventions publiques (et donc de nos impôts), prendre le risque en haut lieu de se priver d’un investisseur motivé envoie un signal assez étrange.

« Un investisseur tout neuf qui met 10 millions d’euros sur la table se prend un râteau monumental du bureau fédéral car on lui fait payer les errements administratifs du passé », constate, dépité, l’avocat du club monégasque, Xavier Le Cerf-Galle. « On nous refuse en N1 parce que le Commissaire aux comptes n’a pas eu le temps de mettre un tampon  ; ça nous oblige à retourner devant le CNOSF alors que le club est restructuré, que les comptes sont désormais au beau fixe, que tout est réuni pour préserver l’emploi des salariés et former une belle équipe qui aurait suscité l’attraction tous les week-ends dans toutes les salles de N1. C’est d’une tristesse absolue », constate maître Le Cerf-Galle, l’avocat du club monégasque.

« Les salaires payés, zéro dette »

Selon des indiscrétions, le bureau fédéral, samedi, outre l’avis défavorable de son Contrôle de gestion, aurait été refroidi par la présentation peu encourageante d’une juriste reconnue à la FFBB, Amélie Moine, laquelle aurait développé les risques liés à la non-certification du budget monégasque par le Commissaire aux comptes du club.

Dans le communiqué publié par la FFBB, le bureau fédéral doute de la « sincérité » de la société ASM Basket, et pose aussi comme argument défavorable « l’historique » du dossier. Deux éléments subjectifs sans doute liés aux récents déboires financiers sulfureux du club monégasque, alors que le nouveau propriétaire à 97  % de l’ASM Basket, Thomas Kurk, est plutôt venu pour parler du futur et de reconstruction.

« La FFBB parle de garanties insuffisantes », ajoute maître Le Cerf-Galle. « Or, un investisseur met 10 millions d’euros, a débloqué 1,5 million sur le compte, le solde du compte est à 2,5 millions. Tous les salaires sont payés. Zéro dette à part l’Euroligue pour 2,38 millions. Et un budget raisonnable à 7,5 millions qui intègre la dette Euroligue (...), là où d’autres clubs de N1 oscillent entre 1 et 2 millions de budget total dont 40  % d’aides publiques. À part ça, les garanties sont insuffisantes ».

En attendant, la Nationale 1 masculine reprendra le week-end prochain sans l’AS Monaco. Et l’ASM devrait former dès lundi son nouveau recours devant le CNOSF. Armée du fameux tampon.