Un été plus tôt, l’attaquant belge avait l’Europe à ses pieds et rêvait de Coupe du monde. Douze mois après, il s’entraîne toujours à L’Étrat, dans un club engagé pour la deuxième saison consécutive en Ligue 2. Le marché n’a pas disparu — il a changé de nature.

Revenons à l’été 2025. Stassin sort d’une fin de saison remarquée malgré la descente, plusieurs clubs anglais se renseignent, et le joueur pousse pour partir : jouer le Mondial 2026 suppose de disputer une compétition d’un autre niveau. Les dirigeants stéphanois, eux, fixent la barre très haut. Personne ne monte assez. Il reste.

Une décision qui, avec le recul, mérite d’être réinterrogée.

Porto s’est détourné, la Turquie a pris le relais

Le FC Porto avait ouvert le bal en juin. Les discussions étaient jugées encourageantes, avant que les Dragons ne réorientent leur recrutement — le club portugais s’est finalement tourné vers Mame Alassane Niang, jeune attaquant sénégalais évoluant en Norvège, pour une somme dérisoire au regard des standards du marché. Braga et Ipswich ont observé, sans dégainer.

Restent aujourd’hui Galatasaray et, plus récemment, Besiktas. Deux poids lourds de Süper Lig, indéniablement. Mais pas exactement le projet qu’imaginait un joueur de 21 ans estimé à une vingtaine de millions d’euros il y a quelques semaines encore.

Le paradoxe des chiffres

Car sur le terrain, rien ne s’est effondré. Onze buts en Ligue 2 la saison dernière, un rôle de titulaire, une régularité que peu d’attaquants de son âge affichent à ce niveau. Ses qualités — mobilité, sens du placement, propreté technique — sont saluées par les recruteurs belges comme français.

Alors pourquoi ça coince ? Deux raisons, essentiellement. Le prix demandé par Kilmer Sports Ventures, d’abord, qui n’a jamais vraiment baissé. Le contexte, ensuite : un buteur qui enchaîne deux exercices en deuxième division voit mécaniquement sa valeur perçue s’éroder, quel que soit son rendement.

Une équation à 28 buts pour l’ASSE

Côté stéphanois, le calcul est cruel. Stassin et Zuriko Davitashvili représentent à eux deux la quasi-totalité de la production offensive de la saison passée, et les deux dossiers restent ouverts — l’Atalanta a manifesté un intérêt appuyé pour le Géorgien.

Ian Cathro, arrivé cet été, prépare donc sa saison sans savoir sur quels attaquants il pourra compter. Cinq recrues sont déjà arrivées, essentiellement des profils méconnus du championnat français. Un pari assumé. Risqué, aussi.

Un mois pour trancher

Il reste cinq semaines avant la clôture du marché. Le joueur est lié aux Verts jusqu’en 2028, ce qui donne au club une marge de manœuvre confortable — sur le papier, du moins.

Sauf qu’à force d’attendre le bon prix, on finit parfois par ne plus recevoir d’offres du tout. Les supporters du Forez, échaudés par deux étés de promesses non tenues, en sont déjà là. Une saison de plus dans le Forez pour Stassin ? À ce stade, l’hypothèse ne surprendrait plus grand monde.