Autoroutes en flux libre : qu'en pensent vraiment les automobilistes ? "Le consommateur n’a rien à perdre", estime Pierre Chasseray
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À l'occasion des vacances d'été, des millions d'automobilistes empruntent l'autoroute. En France, de plus en plus d'itinéraires impliquent de passer par un péage en flux libre, auquel il est impossible de s'arrêter, mais qui demeure tout de même payant. Une innovation dont certains automobilistes rêvaient depuis longtemps, qui permet de fluidifier la circulation, sans faire complètement l'unanimité.
Le principe est simple : la barrière a disparu physiquement, et il n'est plus nécessaire de s'arrêter au péage pour payer son trajet. Les autoroutes dites "en flux libre" sont dotées de caméras qui permettent de lire les plaques d'immatriculation, et calculent ainsi automatiquement la somme due au concessionnaire autoroutier.
Ce système présente plusieurs avantages. "Non seulement c'est un gain de temps considérable, mais cela permet de réduire le nombre d'embouteillages et les risques d'accidents", s'enthousiasme Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes. À cela s'ajoutent par ailleurs des économies de carburant et une diminution du rejet de CO2 dans l'atmosphère.
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Un manque de communication
Depuis 2022, trois autoroutes ont adopté le péage en flux libre : l'A79 qui relie Montmarault (Allier) et Digoin (Saône-et-Loire), l'axe Paris-Normandie avec l'A13 entre la porte d'Auteuil et Caen, et enfin l'A14 entre Paris La Défense et Orgeval (Yvelines).
"Cela ne concerne que quelques portions, et les automobilistes peuvent parfois être surpris lorsqu'ils arrivent sur ce genre de péage", admet cependant Pierre Chasseray. Il estime que les autoroutes en flux libre souffrent d'une mauvaise communication à l'échelle nationale, de la part du gouvernement et des concessionnaires. Un manque d'informations qui, selon le spécialiste, fait parfois naître des craintes injustifiées.
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Pour payer un trajet enregistré par un péage en flux libre, il existe plusieurs méthodes. La plus fiable est de disposer d'un badge de télépéage. Si ce n'est pas le cas, il est possible de régler en ligne sur le site Internet de la société autoroutière, ou dans un commerce partenaire du réseau Nirio, dans un délai de trois jours. Une fois ces 72 heures écoulées, le concessionnaire peut dresser un procès-verbal et faire parvenir la facture à l'usager, accompagnée d'une amende forfaitaire de 90 euros.
Un montant qui peut décourager d'emprunter ces autoroutes. "Personne ne s’est retrouvé avec une amende majorée", rassure toutefois le porte-parole de 40 millions d'automobilistes. Avant d'ajouter : "Ceux qui oublient de payer reçoivent simplement un courrier leur demandant de s'acquitter du paiement, on ne leur met pas la pression immédiatement."
Plus de risques d'arnaques ?
En outre, certains automobilistes sont préoccupés par de potentielles arnaques. La disparition de la barrière de péage s'accompagne d'une multiplication de SMS et de mails frauduleux, destinés à soutirer de l'argent aux usagers. "Les arnaques de ce type existent partout", relativise Pierre Chasseray. "Elles peuvent concerner des PV, la carte grise, le stationnement... Ce n'est pas la faute du flux libre", précise-t-il, avant d'insister sur l'importance de l'aspect préventif pour se prémunir contre les fraudes.
"Il est important de rappeler que l'administration n'envoie jamais de SMS, et que les URL des sites Internet officiels finissent systématiquement par .gouv ou .fr. Par ailleurs, en cas de doute sur un trajet, on peut toujours contacter la société autoroutière afin de s'assurer qu'il s'agit bien de nous", précise le communicant.
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Pour Pierre Chasseray, le péage en flux libre pourrait donc s'avérer très bénéfique s'il était généralisé. "Concrètement, cela fonctionne comme les badges de télépéages, qui sont gratuits si l'on ne s'en sert pas. Le consommateur n'a rien à perdre", conclut-il. Un système qui, selon lui, faciliterait grandement la circulation sur les autoroutes, pour peu qu'il s'accompagne de campagnes d'information et d'une prévention solides.