Comment photographier l'éclipse du 12 août 2026 avec un smartphone
Sur Phototrend, on vous parle plus volontiers de boîtiers hybrides et de téléobjectifs que de photophones. Mais le 12 août au soir, au moment où la Lune commencera à grignoter le Soleil, l’appareil photo le plus utilisé de France sera, de très loin, celui qui se trouve dans votre poche. Impossible de passer à côté : voici comment tirer le meilleur de votre smartphone pour immortaliser l’éclipse partielle du 12 août 2026, sans risque pour vos yeux ni pour votre capteur.
L’essentiel : l’éclipse débute vers 19h20 et culmine vers 20h20 selon les villes, avec un Soleil très bas sur l’horizon ouest. Au grand angle, votre smartphone ne craint rien. Dès que vous zoomez, protégez le module avec un verre de lunette d’éclipse. Et pour vos yeux, la règle ne change pas : lunettes certifiées ISO 12312-2.

Sommaire
- Ce que votre smartphone peut, et ne peut pas, faire
- Protéger le capteur, et surtout vos yeux
- Les réglages qui changent tout
- Cinq images à faire au smartphone le 12 août
- Et pendant ce temps-là, regardez
Ce que votre smartphone peut, et ne peut pas, faire
Commençons par calmer les attentes : le gros plan du croissant solaire n’est pas vraiment le terrain de jeu du smartphone. La règle est simple, le diamètre du Soleil sur le capteur équivaut à la focale divisée par 109. Même avec un téléobjectif périscopique 5x (équivalent 120 mm environ), le disque solaire n’occupera qu’une fraction minuscule de l’image, là où un boîtier équipé d’un téléobjectif 600 mm en remplit une belle part.
Les zooms numériques 30x ou 100x des flagships récents produisent une image, mais largement reconstruite par les algorithmes : à ce niveau d’agrandissement, vous photographiez autant le traitement logiciel que l’astre.
En revanche, le smartphone excelle exactement là où l’éclipse du 12 août est la plus intéressante. Le Soleil sera à moins de 10° au-dessus de l’horizon au maximum, entre 3° à Marseille et 12° à Brest : c’est une éclipse de paysage, pas une éclipse de zénith.
Lumière rasante qui décline étrangement, silhouettes des observateurs, croissants de lumière projetés au sol par les feuillages, ciel qui vire au cuivre : autant de scènes taillées pour un capteur grand angle et un mode nuit moderne. Notre guide complet détaille les horaires ville par ville et la hauteur du Soleil au maximum.
Protéger le capteur, et surtout vos yeux
Au grand-angle et à l’ultra grand-angle, le risque pour le capteur est négligeable : le Soleil très bas, atténué par l’épaisseur d’atmosphère, ne concentre pas assez d’énergie sur le minuscule capteur pour l’endommager en quelques minutes de prise de vue. Des millions de couchers de soleil photographiés chaque été en attestent.

La prudence s’impose en revanche avec le module téléobjectif, dont l’optique concentre la lumière : pour une session prolongée au zoom 3x ou 5x, maintenez un verre de lunette d’éclipse certifiée ISO 12312-2 devant le module. Contrairement à un téléobjectif classique, le verre d’une lunette couvre sans peine la petite lentille d’un smartphone. Fixez-le proprement avec un élastique ou un morceau de gaffer, sans adhésif sur la lentille elle-même.
Mieux, il existe aussi des filtres directement à placer devant le module caméra de votre téléphone. Ils sont souvent vendus en kit avec un lot d’une dizaine de lunettes, afin que toute la famille puisse en profiter. Voici un exemple, certifié ISO 12312-2, qui pourrait encore vous êtes livré avant l’éclipse si vous êtes réactif.

Le vrai danger ne concerne cependant pas le téléphone : cadrer le Soleil à l’écran incite à lever les yeux vers lui. L’écran n’est pas un filtre pour ce qui se passe autour, alors n’oubliez pas de porter des lunettes d’éclipse à chaque coup d’œil direct, sans exception, y compris pour les enfants à qui vous confierez le téléphone.
Les réglages qui changent tout
Le traitement automatique des smartphones est entraîné à produire une image « équilibrée » et c’est précisément ce qu’il ne faut pas ici. Face au Soleil, l’algorithme expose pour la scène et transforme l’astre en tache blanche uniforme, croissant ou pas. Trois parades :
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- Passez en mode Pro (ou installez une app de contrôle manuel type Halide sur iPhone, ProShot sur Android) et exposez pour le Soleil : ISO au minimum, vitesse rapide, quitte à laisser le paysage dans la pénombre. Vous récupérerez les ombres au traitement, pas les hautes lumières cramées.
- À défaut, touchez le Soleil à l’écran puis tirez le curseur d’exposition vers le bas. Sur iPhone, verrouillez avec un appui long (AE/AF Lock) pour que le mode auto ne reprenne pas la main entre deux images.
- Activez le format RAW (ProRAW, Expert RAW, DNG selon les marques) : sur une scène à très fort contraste, la marge de rattrapage en post-traitement fait la différence entre une photo publiable et un souvenir raté.

Enfin, n’oubliez pas de couper le flash, on ne sait jamais 😉
Cinq images à faire au smartphone le 12 août
- Le time-lapse de la tombée du jour. Téléphone calé sur un support stable (un trépied de poche suffit), cadrage large vers l’ouest, time-lapse lancé de 19h30 à 21h : la lumière qui s’éteint puis revient est le phénomène le plus troublant d’une éclipse profonde, et aucun réglage n’est requis.
- Les croissants sous les arbres. Chaque interstice entre les feuilles agit comme un sténopé et projette au sol des centaines de petits croissants. Dos au Soleil, aucun filtre, aucune contrainte : c’est l’image la plus sûre et souvent la plus originale.
- Les observateurs. Visages levés, lunettes en carton, gestes pointés vers le ciel : c’est le reportage de la soirée, celui que le téléobjectif rivé sur le Soleil ne racontera pas.
- Le paysage sous lumière d’éclipse. À 95 % d’obscuration, la lumière prend une teinte métallique qu’on ne voit jamais autrement, les ombres deviennent étrangement nettes. Un panorama vers l’est, dos au Soleil, capture cette ambiance mieux que n’importe quel gros plan.
- Le croissant posé sur l’horizon, au téléobjectif protégé. Pour les possesseurs de zoom 5x : filtre solaire devant le module photo, exposition manuelle et un premier plan (clocher, crête, phare) pour donner l’échelle. Le Soleil rasant du 12 août est l’occasion rêvée, à condition d’un horizon ouest dégagé.
Et pendant ce temps-là, regardez
Un dernier conseil qui vaut pour tous les appareils : la prochaine éclipse de cette ampleur visible en France est l’éclipse totale du 3 septembre 2081. Programmez vos images, déclenchez, mais gardez de longues minutes pour observer, lunettes sur le nez, sans écran interposé. Les photos seront encore là demain, le frisson du direct, non.
Retrouvez tous nos conseils détaillés (filtres, réglages boîtier, horaires dans 52 villes) dans notre guide : MP #131 : comment photographier l’éclipse du 12 août 2026.