Vous ne verrez plus ce type d’images à la télévision au nom de la lutte contre le sexisme
Sport 10/08/2026 18:53 Actualisé le 10/08/2026 19:59
L’Union européenne de radio-télévision a diffusé des recommandations pour la retransmission des épreuves d’athlétisme.

MILLEREAU PHILIPPE / KMSP via AFP
La perchiste française Marie-Julie Bonnin lors des championnats du monde de Tokyo en 2025 (photo d’illustration)
EN BREF
• L’Union européenne de radio-télévision publie un guide pour éviter la sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions sportives, en bannissant certains angles de vue.
• Les recommandations visent à respecter la dignité des sportives, en se concentrant sur la technique et la performance.
• France télévisions affirme être conscient du problème et s’engage à respecter ces directives.
L’IA au HuffPost.
Des angles de vue suggestifs. Des ralentis douteux. Des gros plans parfois dégradants. Pour lutter contre la sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions sportives, l’Union européenne de radio-télévision a publié un guide de recommandations en vue des championnats d’Europe d’athlétisme qui ont débuté ce lundi 10 août à Birmingham
Cette forme de sexisme particulièrement pesante pour les sportives « demeure une préoccupation majeure », souligne le rassemblement des diffuseurs publics. D’autant que certaines séquences ou capturent d’écran finissent sur des sites pornographiques. « OK, on est en culotte, mais on n’accepte pas des plans qui ne servent à rien ! », résume la perchiste française Marie-Julie Bonnin à L’Équipe.
Repéré par le quotidien sportif il y a quelques semaines et conçu à destination des diffuseurs – dont France télévisions –, le guide pratique détaille en particulier les angles de vue à bannir pour le saut en hauteur, à la perche ou en longueur, ainsi que pour les épreuves de course. Il rappelle notamment que les gros plans sur l’entrejambe ou les fesses des athlètes n’apportent rien à la compréhension des épreuves.
« Les athlètes elles-mêmes soulignent constamment que les angles de vue qui mettent le mieux en valeur la puissance, la précision et la technique de leur discipline sont souvent ceux-là mêmes qui les traitent avec dignité et respect », pointe la section « sport » de l’UER, qui a élaboré ces recommandations en collaboration avec l’Association européenne d’athlétisme. Pour le saut en hauteur, par exemple, le document recommande d’éviter les angles de vue centrés sur l’entrejambe des sportives, comme vous pouvez le voir ci-dessous :

Recommandations de l’UER pour lutter contre la sexualisation des athlètes féminines dans les retransmissions sportives
Pour les championnats d’Europe, c’est l’UER elle-même qui produira les images reprises ensuite dans le monde entier, note L’Équipe. Du côté de France télévisions, on assure avoir pleinement conscience du problème. « Nos réalisateurs sont très responsables. À aucun moment ils ne seraient amenés à faire des plans qui pourraient mettre mal à l’aise les athlètes », déclare Laurent-Eric Le Lay, directeur des sports, à nos confrères.
« Cible d’insultes »
Nombre d’athlètes féminines, « moi y compris, se sont retrouvées en compétition à se focaliser davantage sur les caméras que sur leur propre performance », témoigne dans le guide pratique Holly Bradshaw, médaillée de bronze au saut à la perche aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021. « J’ai moi-même été la cible d’insultes sur les réseaux sociaux et j’ai vu circuler en ligne des vidéos inappropriées me montrant, ainsi que mes coéquipières, dans des ralentis capturés pendant nos épreuves. »
Le sexisme ne s’arrête toutefois pas aux angles de vue, note pour sa part Ivana Španović, championne du monde de saut en longueur à Budapest en 2023. « Les commentateurs jouent également un rôle crucial pour enrichir les retransmissions », souligne-t-elle. Un aspect qui n’est toutefois pas couvert par le guide pratique.