Vacances des politiques, préserver le droit ou revoir la norme
Les vacances de nos dirigeants politiques font toujours parler, voire agacent. Et alors que la campagne présidentielle débute déjà, il est bon pour certains de s’indigner du temps de repos pris par leurs opposants.
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Prendre des vacances, pour un responsable politique, encore plus pour un membre du gouvernement, est devenu un acte à hauts risques. Quand ce n’est pas un budget tendu à préparer, une pandémie, c’est une canicule ou une saison d’incendies dévastateurs, voire une campagne présidentielle qui prend de la vitesse.
Ce lundi 10 août, Delphine Batho a sorti l’artillerie, estimant ne pas comprendre que Sébastien Lecornu prenne des vacances, alors que nous connaissons « un effondrement écologique ». Voilà qui fait ressurgir, le devoir d’un représentant de l’État contre le droit aux vacances. Dans un autre registre, c’est Marine Le Pen qui vient de se faire chahuter en Bretagne, sur son lieu de repos.
L’absence c’est l’abandon, la présence de la provocation
Ces deux épisodes ne traduiraient-ils pas le paradoxe français ? On reproche aux ministres de partir, on empêche une opposante à la majorité de prendre du temps en privé, comme si de la serviette de plage, ces absences étaient vécues comme des abandons, ou certaines présences vécues comme une provocation. Même en période de canicule, il s’agit de garder la tête froide. Doit-on vraiment interdire aux ministres de partir ?
Jusqu’à preuve du contraire, aucune figure politique n’a endossé le costume du petit lapin de la pub, où il s’agit de changer la pile pour qu’il batte sans cesse la campagne. Dans une démocratie, chaque citoyen n’a-t-il pas droit à un peu de repos ? Tout en sachant que nos élus et autres composantes de l’État ont aussi un certain devoir envers le pays.
Si Delphine Batho n’a pas pris de vacances, et qu’elle trouve cela agréable, grand bien lui fasse, mais venir pointer le comportement du Premier ministre, qui reste en veille… à 45 minutes de Matignon, on tombe dans la démagogie. La norme doit-elle être revue ou acceptons-nous le droit aux vacances pour tous ? En tout cas, cet été préprésidentiel montre qu’il est bon de faire feu de tout bois lorsqu’il s’agit de faire vaciller un adversaire.
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