Tête-à-tête avec une vedette de la scène électronique native de Côte-d’Ivoire, Asna. La DJette parcourt le monde pour faire danser le public avec sa transe puissante qui lie techno et groove du continent africain. L’artiste était de passage en France, fin juillet, au festival Les Escales de Saint-Nazaire.

Qui a dit que les DJ ne savent pas chanter ? Pour pénétrer l’univers d’Asna, il faut déjà gagner sa confiance. Puis se laisser embarquer dans la voiture familiale sur les pistes et les routes de Côte-d’Ivoire et faire tourner les K7 : « On allait une fois par mois chez le disquaire acheter les nouvelles sorties, comme John Yalley qui fait vraiment une sorte de rock à l'ivoirienne, se rappelle-t-elle. Donc je pense que le virus de la musique est arrivé à ce moment-là. »

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Comme le masque richement décoré de cauris qui cache son visage sur scène, Asna se veut discrète, voire secrète. À la pulsation de l’électro, l’artiste a souvent mêlé les sons de la nature, une connexion sans doute née dans sa jeunesse dans la région de Guiglo où elle a grandi : « On était logés vraiment en plein centre de la forêt, de la nature. Toujours dehors, les pieds nus, on partait à l'aventure dans la forêt, moi j'ai vu tous les animaux possibles, s'exclame la chanteuse. Et donc j'ai grandi là-bas jusqu'à mon adolescence, jusqu'à mes 18 ans. »

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Être « juste avec la musique »

Grandir au cœur de la nature, avec des parents scientifiques, ouvre visiblement l’esprit. Enchaîner des études à Abidjan, Dakar et Rabat aussi. Même si, au retour au pays, diplôme de graphiste en poche, être musicienne n’était pas le défi.

Malgré un premier set en concert un peu « gâté », à force de jouer, de mixer, Asna a fini par se poser, par s’écouter, happée par le son et la vibration : « La musique, c'est un esprit, c'est quelque chose de vivant en fait. La musique, elle est là, insiste-t-elle. Et une fois qu'elle appelle, c'est très difficile de s'en détacher. » Dans la vie comme sur scène, Asna poursuit sa quête, sa lutte, transmet sa transe, portée par un seul guide, une arme unique : sa musique. « Je prie pour que les cœurs et les esprits soient disposés à recevoir, pour que cette expérience de la scène me permette de m'améliorer encore de telle sorte que ces cœurs et ces esprits-là puissent toujours être là et que je sois juste avec la musique », conclut-t-elle.

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