À Birao, la modernisation et la mondialisation peinent encore à s’imposer. Les habitants restent profondément attachés à leurs traditions, à leur culture et à leurs coutumes. Leur langue, leur manière de s’habiller, leur alimentation et leur façon de célébrer les cultes témoignent de cette identité fortement préservée. À Birao, la population vit principalement du commerce, de l’élevage et de l’agriculture. 

De notre envoyé spécial de retour de Birao,

À Birao, en Centrafrique, dès 4 heures du matin, les premières lueurs apparaissent à l’horizon. Peu à peu, la ville se réveille doucement. Sous ce baobab, situé à quelques mètres d’un marigot, dans le quartier Korsi, Cyriack-Moustapha s’adonne à l’artisanat traditionnel. Âgé de 32 ans, il reste profondément attaché à ce mode de vie transmis de génération en génération. « Loin de la modernité des grandes métropoles, notre ville conserve une identité profondément ancrée dans sa culture, ses coutumes et ses traditions, se réjouit-il. Je fabrique des chaises, des lits, des vêtements et des chaussures à partir de rotin et de peaux d’animaux. Je vends également des matériaux traditionnels utilisés pour la construction de maisons en bambou. »

Fidèles à la culture locale, la plupart des hommes portent de grands boubous adaptés à la chaleur. Les femmes, quant à elles, se parent de gros bracelets et de colliers colorés. Selon Marita, une habitante, ces accessoires ne sont pas seulement décoratifs. « Ils expriment aussi l’appartenance culturelle et l’élégance que nous avons héritées de nos ancêtres, souligne-t-elle. Pour fabriquer ces colliers et ces bijoux, nous utilisons la peau des fruits, le bois et les écorces. Nous fabriquons également des parfums naturels à partir de certaines plantes, fleurs et essences d’arbres. »

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« C’est important de vivre selon ses propres réalités »

À Birao, Ali Mahamat fait partie des potiers les plus célèbres. Depuis 50 ans, il tient sa poterie, baptisée « Birao Tamam », ce qui signifie « Birao est bon ». Ici, le travail commence par la préparation de l’argile. La terre est soigneusement sélectionnée, débarrassée des pierres et des impuretés, puis travaillée avant d’être façonnée. « Depuis l’origine, la poterie est très utile dans cette région à forte chaleur. Nous fabriquons des vases qui nous permettent de garder l’eau fraîche, explique l'artisan. Nos pots et vases racontent l’histoire de la vie, des naissances, des luttes et de l’espoir d’un monde meilleur. »

Mais à Birao, les infrastructures modernes restent limitées. Les quelque 30 000 habitants se déplacent principalement à dos d’âne, en charrette ou encore à vélo. « C’est important de vivre selon ses propres réalités. Il n’y a ni bus ni taxis, ni transport en commun pour relier les différents quartiers, poursuit-il. On se déplace avec des ânes ou des charrettes. C’est un moyen de transport simple et accessible à de nombreuses familles. Ici, l’âne est notre principal moyen de transport. Il nous aide à transporter les produits et à faire [tourner] l’économie. »

Aujourd’hui, la ville fait face à plusieurs défis majeurs : l’insécurité, la dégradation du réseau routier et son isolement, qui entraînent une hausse du coût de la vie.

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