Un jeune blessé au visage, possiblement d’une balle de LBD, en marge d’un blocus lycéen à Tour
France 30/09/2026 22:14 Actualisé le 30/09/2026 22:16
Un examen médical a montré les blessures du jeune homme sont « compatibles » avec l’impact d’une balle de LBD, utilisées par les forces de l’ordre.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

LUDOVIC MARIN / AFP
Photo d’illustration. Un policier tient un lanceur de balles de défense (LBD).
La vidéo circule partout sur les réseaux sociaux. On y voit un jeune, assis, la tête ensanglantée. Ce mercredi 30 septembre, un jeune homme a été blessé au visage à Tour, près du lycée Balzac, où des lycéens participaient à un blocage de l’établissement.
Le jeune homme a été hospitalisé aux urgences du CHU de Tours. Dans la foulée, la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard a annoncé avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) « pour enquête ». En effet, au moment ou le jeune homme a été pris en charge, des tensions avaient éclaté entre les lycées et les forces de l’ordre.
Dans la soirée, la procureur a précisé que les examens médico-légaux du jeune homme montrent des lésions à l’œil « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD ». Elle a ajouté que la victime, prise en charge médicalement, « sera entendue ultérieurement » et que « l’enquête se poursuit ».
Une enquête pour « faire toute la transparence »
Selon la préfecture d’Indre-et-Loire, le jeune homme blessé a été pris en charge alors que les forces de l’ordre, intervenues avec les pompiers pour mettre fin à plusieurs incendies, étaient prises à partie, notamment par des jets de projectiles.
L’enquête menée par l’IGPN s’appuiera sur les déclarations des policiers concernés, les images de leurs caméras piétons ainsi que sur les témoignages des personnes présentes. « L’enquête permettra de faire toute la transparence sur les circonstances de cette blessure », a affirmé le directeur de cabinet du préfet d’Indre-et-Loire, Pierre-Ange Savelli.
Le maire de Tour, Emmanuel Denis, a appelé au calme et demande « que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident ». « Les jets de projectiles ou de mortiers contre les forces de l’ordre ne sont pas acceptables mais ils ne sauraient nous dispenser d’une interrogation sur les conditions dans lesquelles la force publique intervient dans le cadre de mouvements sociaux, a fortiori lorsqu’elle fait face à des lycéens, souvent mineurs, mobilisés », a déclaré l’élu écologiste, rapporte France 3.
Appels au calme face à la montée des violences
« Les violences sont d’une intensité assez élevée à Tours », avait indiqué plus tôt mercredi Pierre-Ange Savelli. Mardi, six personnes ont été interpellées pour des faits de violences par jets de projectiles sur les forces de l’ordre, notamment. Deux d’entre elles sont convoquées, avec leurs parents, devant le juge des enfants, et seront jugées en novembre, a annoncé la procureure.
Mercredi, les violences ont été du même ordre, selon la préfecture, qui a indiqué que de nouvelles interpellations avaient eu lieu. Un feu de poubelle à proximité du lycée Paul-Louis-Courier a provoqué une fuite de gaz enflammé, conduisant à l’évacuation de l’établissement et à la mise en place d’un périmètre de sécurité de 150 mètres.
L’université de Tours a annoncé la fermeture de trois de ses sites jusqu’à jeudi soir, « compte tenu des risques de trouble à l’ordre public », dans un message aux étudiants consulté par l’AFP. « Le mode d’action choisi nous prive de tout espace de dialogue et nous empêche malheureusement de concilier l’expression légitime d’un mécontentement et la continuité de nos missions de service public », a écrit le président de l’université, Philippe Roingeard, appelant « à la responsabilité collective ».