En janvier dernier, la commune d'Écaussinnes lançait un appel inhabituel pour attirer de nouveaux boulangers. Quelques mois plus tard, l'initiative porte ses fruits. Marine et Robin s'apprêtent à reprendre la boulangerie de Marche-lez-Écaussinnes, où Joël Bodden tourne la page après près de trente ans passés derrière son four.

Le déclic est venu… grâce à l'appel des autorités communales. "Nous ne sommes pas sur les réseaux sociaux, mais le frère de mon mari a vu passer l'appel du bourgmestre d'Écaussinnes et nous l'a transmis. Nous avons ainsi découvert qu'il y avait une boulangerie à reprendre à Marche", raconte Marine.

Pour le couple, qui rêvait depuis quelque temps de voler de ses propres ailes, l'occasion était trop belle. "Mon mari est boulanger depuis une quinzaine d'années. Il a toujours travaillé comme ouvrier et, depuis quelque temps, dans une boulangerie à Rebecq. Nous voulions nous installer à notre compte, mais nous attendions la bonne opportunité. Nous avons visité les lieux, évalué les travaux à réaliser et nous avons décidé de nous lancer."

Si le calendrier est respecté, la nouvelle boulangerie ouvrira ses portes fin octobre, après quelques semaines de travaux. Les nouveaux propriétaires prévoient de moderniser le magasin, d'installer de nouvelles machines et de personnaliser les lieux.

Dans un contexte où les boulangeries artisanales se font de plus en plus rares, le couple ne cache pas son optimisme. "Nous allons miser sur le côté artisanal et la proximité. Ce sont deux choses que l'on ne retrouve pas dans la grande distribution. Nous pensons qu'un village comme Marche-lez-Écaussinnes se prête parfaitement à cette approche."

Cette reprise constitue une excellente nouvelle pour la commune. En début d'année, le bourgmestre Sébastien Deschamps et l'échevin du Commerce Bernard Rossignol avaient tiré la sonnette d'alarme. L'entité, qui compte plus de 11 500 habitants, ne disposait plus que de trois boulangeries artisanales, alors que les fermetures se multiplient partout en Wallonie sous l'effet des départs à la retraite, de la hausse des coûts et de la concurrence de la grande distribution.

"L'appel que nous avions lancé porte ses fruits. Je me réjouis de l'arrivée d'un nouveau boulanger à Écaussinnes. La vie d'un village est liée à la présence de commerces de proximité. C'est important pour nous. C'est un jeune couple, plein de dynamisme. On est parti pour des dizaines d'années", se réjouit aujourd'hui Sébastien Deschamps.

Un signal encourageant pour la Cité de l'Amour, qui espère ainsi préserver un commerce de proximité essentiel à la vie de ses villages.

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