"On a intégré le rugby dès le premier jour" : comment Provence Rugby, dernier club de Pro D2 à reprendre, se prépare ?
Dernier club du Pro D2 à reprendre la route de l’entraînement, Provence Rugby a décidé d’incorporer du rugby dès le départ de cette courte présaison avec l'espoir d'être compétitif dès le début de saison.
Lors des douze derniers mois, Provence Rugby a dû s’adapter à la nouveauté : le staff a changé, l’équipe a connu l’ivresse d’une demi-finale gagnée, la fierté d’avoir bien figuré en finale et la déception de ne pas avoir su remporter le match d’accession. Tant de premières et d’expériences qui ont fait grandir le minot provençal, l’un des clubs les plus jeunes de la sphère professionnelle.
Après avoir conclu une saison à rallonge le 14 juin dernier, les Noirs ont bénéficié d’un peu plus d’un mois de vacances. L’effectif, à l’exception des recrues (Pontanier, Azar, Cotet, Giudicelli, Waqa, Martel, Trouilloud, Masiwini, Bogado), a repris l’entraînement le lundi 20 juillet. Les joueurs appelés pour les joutes internationales (Jalagonia, Tui, Pifeleti, Vareiro, Ardron, Muntz, Cellio-Zwiler, Bissu, Mazères, Rodda) ont décalé leurs congés. Ils sont attendus au fil de la préparation.
Le staff bucco-rhodanien a dû s’adapter à ces contraintes et à un calendrier très serré : "L’organisation est différente, avoue Sébastien Fouassier. L’an passé, on avait réalisé un gros travail physique, notamment sur les dix premiers jours. On avait abordé le rugby avec des plans en réunion et sur des séquences sans intensité. C'était un plan progressif. Cette fois, pour gagner en efficacité par rapport au temps accordé, on a intégré le rugby dès le premier jour. Bien évidemment, il faut se préparer sur les deux plans : physique et rugby. Du coup, on intègre le physique dans la partie rugby." En bref, du deux en un.
Au-delà de préparer les corps, les têtes provençales ont-elles digéré la montagne d’émotions vécues entre la maison de Maurice-David, le stade Michel-Bendichou, lieu de l’exploit contre Colomiers (28-36), et l’enceinte d’Ernest-Wallon, antre de la finale perdue face à Vannes (18-14) ? "Avant de prendre des congés, on a eu des échanges dans le staff. Pour les joueurs, il nous paraît important d’avoir aussi des échanges, même si ce sera en différé. Pour l’instant, on a voulu gagner du temps sur l’organisation rugby. On aura le temps du stage pour reparler de la saison passée."
Nous sommes dans le même paquet que les autres clubs
Pour ce faire, Provence Rugby a encore innové. Après l’Ardèche, la bande à Coville posera ses bagages à Cognac du 16 au 20 août. "Ça sera un moment important pour faire des réunions, le débrief de la saison passée et renforcer les liens du groupe." Le but est aussi d’insister sur les axes d’amélioration : "Dans l’analyse du staff, nous sommes corrects partout, mais nous n’avons pas un énorme point fort. Il n’y a pas un secteur où nous étions les meilleurs du championnat. Nous avons envie d’avoir un jeu équilibré, le plus complet possible, mais nous avons trois axes de développement. Nous allons fortement insister là-dessus." Nommé manager principal durant l’intersaison sur proposition de Philippe Saint-André, qui conserve ses prérogatives de directeur sportif, Sébastien Fouassier a promis d’en dire plus sur l’évolution de son équipe d’ici la reprise.
En attendant, l’ex-entraîneur de Nevers et les siens se savent attendus. Provence Rugby est candidat à la pancarte du favori. Une réalité, là encore, inconnue depuis le retour en Pro D2. "Je comprends votre question, mais ça reste du papier. Moi, je me focalise sur la réalité du terrain. Ce championnat est dur, homogène, avec des surprises chaque année. On connaît nos enjeux et notre objectif. Nous sommes dans le même paquet que les autres clubs. On ne doit pas s’occuper de ça, mais surtout s’occuper de nous. On doit continuer à évoluer vers la performance." Avec l’espoir de connaître une première de plus en juin prochain : une montée dans l’élite.