Brésil. Élection présidentielle : Flavio Bolsonaro largement devant Lula, selon des résultats partiels
Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro dispose dimanche d'une large avance sur le président sortant de gauche Lula après que près des deux tiers des urnes ont été dépouillées dimanche, au soir du premier tour de la présidentielle brésilienne.
Le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) compte pour le moment près de 50 % des suffrages lors de ce décompte partiel, contre un peu plus de 42 % pour Luiz Inacio Lula da Silva.
Parmi les quelque 160 millions d'électeurs, beaucoup ont exprimé leur lassitude face à un casting si familier, et dit choisir le candidat qui leur déplaît le moins. Photos Sipa /Fotoarena
Un duel qui lasse les électeurs
Le président américain Donald Trump a dit suivre « de très près » l'élection brésilienne, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou. À bientôt 81 ans, Lula, qui brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif, a appelé durant la campagne son homologue américain à ne pas « se mêler » des élections brésiliennes. Face à lui, le sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, a été désigné candidat par son père lorsque ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d'État contre Lula en 2022.
Parmi les quelque 160 millions d'électeurs, beaucoup ont exprimé leur lassitude face à un casting si familier, et dit choisir le candidat qui leur déplaît le moins. « J'ai toujours voté pour Lula mais, une fois arrivée au bureau de vote, j'ai changé d'avis pour Bolsonaro. Juste pour essayer et voir ce que ça va donner », a déclaré Oscarina de Oliveira, 62 ans, auxiliaire de vie à Rio de Janeiro. « Le peuple devra choisir entre le renforcement du régime démocratique et la barbarie », a lancé le président sortant après avoir voté dans l'État de Sao Paulo, tandis que le fils Bolsonaro a promis à Rio de « libérer le peuple brésilien ». « Le Brésil a besoin de changement, le Brésil ne supporte plus tant de souffrance, tant d'impôts élevés, tant de femmes tuées, tant de persécution politique », a-t-il affirmé.
Coût de la vie et criminalité au cœur du scrutin
Les deux favoris avaient dit croire à une victoire dès dimanche, même si les sondages les montraient ces derniers jours encore assez loin des 50 %. Un éventuel second tour aurait lieu le 25 octobre. Donald Trump n'a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro, mais son influence a pesé sur la campagne, après les droits de douane et sanctions qu'il a décidés contre le Brésil depuis le procès de 2025 de son allié Jair Bolsonaro. « Je suis très inquiète de la direction que prend le pays, parce que je veux être indépendante, je ne veux être la colonie de personne », explique Maria de Nazaré Azevedo, fonctionnaire de 57 ans vivant à Rio, qui a voté à gauche. « Nous votons pour Flavio Bolsonaro pour ne pas voter pour le PT. Ce parti a déjà passé vingt ans au gouvernement et n'a rien fait, vraiment rien », affirme de son côté à Brasilia Raphael Machado, avocat de 45 ans.
Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l'État sortant est reconnu pour ses programmes sociaux, qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité galopante, quand son adversaire a promis la manière forte contre le crime et l'austérité budgétaire.
L'Amazonie absente de la campagne
Le fils Bolsonaro n'a pas perdu pied après la révélation qu'il était visé par une enquête pour corruption et blanchiment d'argent sur le financement d'un film à la gloire de son père. La droite ne manque pas, elle, de rappeler que Lula a passé plus de 18 mois en prison pour corruption en 2018-2019, avant de voir sa condamnation annulée pour des motifs de procédure.
Dans son bilan, le vétéran de gauche affiche une baisse drastique de la déforestation en Amazonie, qui avait bondi sous la présidence de Jair Bolsonaro. Mais la question a brillé par son absence durant une campagne davantage semée de polémiques que de projets. « Nous, peuples autochtones, souffrons beaucoup des impacts environnementaux. Alors il est important de choisir un candidat qui défend notre territoire, qui défend la nature », estime Tainara da Costa Cruz, 22 ans, membre de l'ethnie Kambeba, qui vit sur la rive du Rio Negro, près de Manaus, et a voté pour Lula.