Présidentielle 2027. Primaire de la gauche : ce qu'il faut retenir du dernier débat avant le premier tour
Pour ce troisième et dernier débat, organisé par BFMTV en partenariat avec Libération, Raphaël Glucksmann (Place publique), Olivier Faure (PS), Ségolène Royal, Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) avaient une dernière occasion de convaincre avant le scrutin des 9 et 10 octobre. Pendant plus de trois heures, ils ont aussi répondu aux questions de huit électeurs de gauche présents en plateau.
Le favori, Raphaël Glucksmann, crédité de 10 à 12 % des intentions de vote pour la présidentielle, abordait la soirée en difficulté. Samedi, des vidéos tournées lors d'une réunion avec des militants ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On l'y entend s'en prendre à plusieurs de ses rivaux. Le même jour, Gabriel Attal a proposé une « grande coalition » allant de la gauche sociale-démocrate à la droite pour 2027, en citant nommément l'eurodéputé. Ses soutiens ont aussitôt fermé la porte, soucieux de se débarrasser d'une étiquette de « macroniste » que ses adversaires, Olivier Faure en tête, ne cessent de lui accoler. Emmanuel Maurel a raillé les « tentatives désespérées » de l'ancien Premier ministre, estimant que les anciens chefs de gouvernement d'Emmanuel Macron « n'ont pas de bilan... mais un passif ».
Comme sur LCI et France 2, la question d'une alliance avec La France insoumise aux législatives a divisé les candidats. Photo Sipa/Jeanne Accorsini
Glucksmann contraint de s'excuser
Le débat s'est ouvert sur ces vidéos. Dans l'une d'elles, Raphaël Glucksmann accuse Ségolène Royal d'avoir fait « la danse du ventre à Macron ». « J'ai l'habitude des agressions verbales, mais venant de vous, ça m'a particulièrement choquée parce que c'est une agression, en plus à connotation sexuelle », lui a lancé l'ancienne ministre. L'eurodéputé a d'abord contesté toute connotation sexiste et invoqué un cadre privé.
Olivier Faure a alors jugé que « le plus simple, c'est de s'excuser », et Raphaël Glucksmann a fini par céder : « Désolé si ces propos ont été perçus comme étant sexistes. Ils n'avaient pas vocation à sortir. » Il a reconnu des « propos inélégants ». Dans une autre séquence, il disait « pisser » sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Il assume ces mots tout en admettant qu'ils n'ont pas leur place dans le débat public.
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
LFI, toujours la ligne de fracture
Comme sur LCI et France 2, la question d'une alliance avec La France insoumise aux législatives a divisé les candidats. Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann y sont fermement opposés. « Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort », mais un « boulet » pour la gauche, a lancé le député de l'Essonne. Il reproche à Olivier Faure de « tous nous fragiliser » en laissant entrevoir des passerelles avec les Insoumis.
Ségolène Royal et Emmanuel Maurel partagent la position du premier secrétaire du PS, qui juge le rassemblement indispensable pour gouverner. Olivier Faure a accusé Raphaël Glucksmann d'avoir « fait le choix de la défaite » en se résignant à une alliance avec la droite. Ségolène Royal a dénoncé un « hold-up » de l'eurodéputé sur le PS. Celui-ci a dénoncé un « pur procès d'intention » et assuré ne vouloir diluer la famille sociale-démocrate ni dans le mélenchonisme ni dans la droite. Emmanuel Maurel a rappelé que tous avaient signé une charte qui les engage à se ranger derrière le vainqueur.
Les lycéens soutenus à l'unanimité
Une nouvelle journée de mobilisation des lycéens est prévue mardi 6 octobre, et tous les candidats ont jugé leurs revendications légitimes. Olivier Faure défilera mardi. Il réclame des « états généraux lycéens » et a condamné la réponse policière : « On ne tire pas à bout portant sur des enfants. » Raphaël Glucksmann promet une loi de programmation sur cinq ans pour l'école publique, tout en appelant à être « inflexible » avec les casseurs.
Emmanuel Maurel veut abroger Parcoursup et revenir sur la réforme du lycée de 2019. Jérôme Guedj propose de réduire le nombre d'élèves par classe et de mieux payer les enseignants. « Avec moi, il n'y aurait pas de mouvement social », a assuré Ségolène Royal, ce qui a fait sourire Olivier Faure : « C'est un peu Wonder Woman. »
Retraites : la capitalisation rejetée
Interpellés en vidéo par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, les cinq candidats ont rejeté la retraite par capitalisation individuelle. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Emmanuel Maurel veulent revenir sur la réforme de 2023 et défendent un départ à 62 ans. Olivier Faure propose aussi un « dividende IA », pour que l'intelligence artificielle participe au financement de la protection sociale.
Jérôme Guedj veut supprimer l'âge légal au profit d'un système fondé sur la pénibilité, en partie financé par un fonds souverain alimenté par des taxes sur l'IA et les robots. Ségolène Royal refuse toute baisse des pensions tant que l'ISF n'aura pas été rétabli.
Fiscalité : faire payer les plus riches
Tous veulent taxer davantage les plus aisés, mais par des moyens différents. Ségolène Royal veut rétablir l'ISF et faire de la lutte contre la fraude fiscale sa priorité. Olivier Faure défend la taxe Zucman, un impôt minimum de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros. Raphaël Glucksmann cible les hauts patrimoines, les « méga-héritages », les superprofits et les multinationales.
Jérôme Guedj veut un impôt plus progressif et des baisses de TVA ciblées, mais aussi des économies sur les dépenses sociales. Emmanuel Maurel propose de supprimer une partie des 465 niches fiscales et de lancer un « grand emprunt citoyen ».
Ukraine, immigration, énergie : des points d'accord
Les candidats se sont davantage rejoints sur les autres sujets. Tous veulent poursuivre le soutien à l'Ukraine, et Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Emmanuel Maurel plaident pour la saisie des avoirs russes. Ségolène Royal s'est démarquée en appelant à « négocier avec Vladimir Poutine ».
Les cinq sont favorables à la régularisation des travailleurs sans papiers. Pour Raphaël Glucksmann, « l'immigration zéro, c'est l'effondrement de l'économie française ». Sur l'énergie, aucun ne renonce au nucléaire et tous veulent accélérer sur les renouvelables. Olivier Faure résume la ligne commune : « Le nucléaire autant que nécessaire et le renouvelable autant que c'est possible. »
La commission d'organisation table sur plus de 90 000 votants
Les électeurs ont jusqu'à ce lundi minuit pour s'inscrire, moyennant 15 euros (10 euros au tarif social). Le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre, le second les 16 et 17 octobre. La commission d'organisation table sur plus de 90 000 votants, et son président Patrick Mennucci a évoqué dimanche sur BFMTV la barre des 100 000 inscrits. On reste loin de la primaire de 2012, qui avait réuni entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs. Selon un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche, seuls 25 % des Français disent s'intéresser au scrutin.