20 Minutes avec AFP

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Publié le 23/09/2026 à 21h33 • Mis à jour le 23/09/2026 à 21h40

Peut-il réussir le même tour politique qu’à l’automne 2026 ? Sébastien Lecornu propose de nouveau aux socialistes de bâtir un compromis sur le budget pour 2027, cette fois à quelques mois de l’élection présidentielle. Dans un courrier aux parlementaires PS daté de mardi, le Premier ministre les convie à une rencontre « pour engager ce travail ».

« Le compromis de 2026 a été possible parce que chacun a accepté de faire un pas. Je suis prêt à poursuivre cette démarche avec vous, avec la même franchise et la même volonté d’aboutir », écrit-il. Mais le chef de file des députés PS, Boris Vallaud, estime ce mercredi sur BFMTV qu’il ne voit « pas la main tendue » dans ce budget « récessif » et que la copie doit être « radicalement corrigée ». L’automne dernier, Sébastien Lecornu avait concédé plusieurs mesures aux socialistes dans les budgets (Etat et Sécurité sociale) 2026. Notamment l’emblématique suspension de la réforme des retraites, mais aussi la généralisation des repas à 1 euro dans les universités ou la revalorisation de la prime d’activité.

Un « effort » de 54 milliards d’euros

Engagés dans la campagne présidentielle, et pour le moment dans une primaire sociale-démocrate qui désignera leur candidat à l’Elysée, les socialistes entretiennent le flou sur leurs intentions. Le patron du PS Olivier Faure et Boris Vallaud envisagent la censure. Mais le député des Landes a expliqué qu’il n’était « pas dans la menace pour la menace ». « Je dis juste que ce budget est injuste pour les Français et qu’il doit être radicalement corrigé ». Les grandes lignes du budget présentées par Sébastien Lecornu, visant un « effort » de 54 milliards d’euros où les retraités et les fonctionnaires seront mis à contribution, n’avaient pas reçu bon accueil au PS.

Sébastien Lecornu pose toutefois une condition : « préserver l’équilibre financier d’ensemble » et « répartir l’effort avec justice », alors que le déficit devrait déraper cette année à 5,4 % et que les taux d’intérêt de la dette grimpent, faisant craindre une crise financière. Il demande aux socialistes de « mesurer » les conséquences d’une absence de budget, qui exposerait les Français à « l’austérité la plus dure », avec un « blocage » qui pourrait se « prolonger » au-delà de la présidentielle.

Quelles concessions ?

Sans cadeau conséquent à présenter cette fois, Sébastien Lecornu assure que ce dialogue pourrait « faire aboutir » certains chantiers. Il dit sa volonté de faire adopter la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences faites aux femmes et aux enfants, texte plus consensuel que le budget. Autre geste en direction du PS, dans un autre courrier aux acteurs du logement daté de mercredi, le chef du gouvernement assure que « la priorité sera donnée au logement social ».

Les socialistes mettent pour leur part en avant une taxation sur les gros héritages et préviennent que seule l’augmentation des recettes fiscales pourra rétablir les comptes, alors que l’exécutif ne veut pas d’impôt nouveau.