«Il adorait faire rire»: le village vaudois de Cugy honore le souvenir d’Admir, scootériste décédé à Renens samedi dernier
Publié23. septembre 2026, 21:33
Accident mortel à Renens«Il adorait faire rire»: à Cugy, le souvenir d’Admir fleurit déjà
Le jeune homme de 23 ans est décédé samedi soir dans un accident de scooter à Renens. Ses amis ont tenu à honorer sa mémoire, par des bouquets et quelques mots.

Il était un peu plus de 22h15, samedi dernier, lorsque le scooter d’Admir a dévié sur la rue du Lac, à Renens (VD), en direction de Lausanne. Projeté contre un pylône de signalisation, le jeune homme est décédé sur place, malgré l’intervention rapide de passants et des secours. Les causes précises de l’accident restent à déterminer.
Admir aurait fêté ses 24 ans en octobre. Il a grandi à Cugy (VD), suivi les écoles du village et noué, au fil des années, ces attaches discrètes qui font d’un quartier une «famille élargie». Isabelle, fleuriste du village et voisine du jeune homme, le connaissait bien. Au téléphone, elle évoque un garçon «toujours là pour les autres», serviable et attentif, parfois jusqu’à se reléguer lui-même au second plan.
Des fleurs et des mots
Lundi, une quinzaine de ses amis ont poussé la porte de la petite boutique de fleurs d'Isabelle. Ils y ont choisi les tiges, composé eux-mêmes les arrangements, puis accroché quelques mots avant de les déposer sur les lieux du drame, à Renens. «C’était un moment de partage, humble, empreint d’empathie et de respect, en mémoire de lui», raconte la fleuriste.
«Il aimait bien embêter ses amis aussi, et c’est ce qui le rendait attachant»
Lorsqu’on leur demande quel souvenir ils garderont d’Admir, ses amis reviennent à la même image: celle d’un garçon «franc et vivant», qui aimait réunir les siens. «Il adorait sortir avec ses amis, les faire rire», raconte Klevis. «Il aimait bien les embêter aussi, et c’est ce qui le rendait attachant.» Derrière les taquineries, ils retiennent surtout sa loyauté: «Il était toujours là si on avait besoin de lui», glisse Nico.
Un jeune homme «au grand cœur»
Ils évoquent un ami dont la présence comptait. Noah le connaissait depuis l’enfance. Il décrit «une bonne personne», au franc-parler assumé. Admir était sociable, toujours prêt à voir du monde. «C’est comme ça que je me souviendrai de lui: quelqu’un avec du caractère, toujours entouré.» Cris, lui, parle d'un jeune «au grand cœur», impliqué dans ce qu’il entreprenait. «Il s’efforçait toujours de montrer la meilleure version de lui-même.»
«C’est déchirant. Sa mère attend que la porte s’ouvre et qu’il entre»
Admir aimait «ses amis, le football, les voitures et la Bosnie», son pays d’origine, où il devrait être enterré. Il rêvait, confie son beau-père, «d’ouvrir un jour sa propre entreprise». Il était très proche de sa mère, de son beau-père, ainsi que de son frère et de sa sœur - tous deux plus jeunes que lui.
Sa compagne, Tamara, confie la place singulière qu’ils occupaient l’un dans la vie de l’autre, et «l’amour unique» partagé au fil de neuf années vécues ensemble. «Peu importe le temps qui passera, Admir restera une partie de moi», écrit-elle.
Depuis «la catastrophe» de samedi, le village s’est resserré autour des siens. Au foyer familial, les visites se succèdent, tandis que les proches attendent encore les réponses de l’enquête. «C’est déchirant, souffle la tenancière de la boutique Fleurisa. Sa mère attend que la porte s’ouvre et qu’il entre.»
Un élan de soutien
Une cagnotte en ligne a été ouverte afin de soutenir la famille d’Admir dans cette épreuve. Les fonds récoltés lui seront intégralement reversés pour l’aider à faire face aux dépenses et aux besoins liés à cette période douloureuse.

Eva Lombardo (elo) est journaliste au sein de 20 Minutes depuis 2026.