Fermeture imminente et 27 M€ investis : le zoo de Montpellier s’apprête à baisser le rideau pour une transformation de grande envergure
Le zoo de Lunaret à Montpellier ferme ses portes ce 1er août pour une deuxième phase de rénovation d’un montant de 27 millions d’euros. Le parc zoologique gratuit de 200 hectares entame une fermeture de 29 mois et ne rouvrira qu’en 2028 avec la promesse de doubler son nombre d’animaux.
Si les girafes ont déjà quitté le zoo de Lunaret en décembre 2025 pour Sigean, c’est parce qu’il fermera le 1er août pour une seconde phase de travaux. Alors que le parc ne devrait pas rouvrir avant la seconde moitié de 2028, il manquera aux Montpelliérains, et aux touristes. Depuis des décennies, il constitue un lieu de promenade privilégié.
Ce mercredi 29 juillet, sous un soleil écrasant, de nombreux enfants déambulent dans les allées, pressés de découvrir de nouvelles espèces ou de retrouver leurs animaux préférés.
Légué en 1910 par Henri de Lunaret, à condition qu’il soit accessible gratuitement, il ouvre comme parc zoologique en 1964. Avec le temps, le lieu devient emblématique : "Coin de promenade", " balade de santé", ou encore "poumon de la ville", les qualificatifs qui le désigne ne manquent pas. Pour de nombreux habitants de la métropole, ou d’anciens montpelliérains, la nostalgie se fait sentir.
"Il n’y a rien de pareil en France"
Audrey, qui vit désormais à Lille, revient tous les étés dans sa ville natale. Depuis qu’elle est la maman de Cassian, 3 ans, "le zoo est devenu un passage obligatoire". "Quand on a su que ça allait fermer, on a tout de suite foncé parce que c’était notre dernière occasion d’en profiter", confie, la jeune femme. Pour elle, "il n’y a rien de pareil en France. Un zoo gratuit, avec de grands espaces pour les animaux c’est très chouette".
Les touristes, qui découvrent le site sont, eux aussi, ravis. "C’est dommage", livre une femme, qui vient pour la première fois à Montpellier, se réjouissant d’y faire un tour avant la fermeture.
"Des travaux nécessaires"
Beaucoup fréquentent le parc avec les plus petits membres de leur famille. Brigitte connaît bien ce zoo, car elle y a emmené enfants et petits enfants, mais pour elle, "les travaux sont nécessaires". "Le fléchage laisse à désirer, et les chemins d’accès ne sont pas adaptés aux jeunes enfants et aux poussettes", glisse-t-elle.
Le souvenir de ce qu’était le zoo est partagé : Sophie et Nicolas, de retour après de longues années, avec leur neveu et nièce regrettent certains changements. S’ils y ont de bons souvenirs, "beaucoup de choses ont changé depuis le temps où on emmenait nos enfants, qui ont bien grandi. Avant, il était possible de monter sur les constructions en bois, et il y avait plus à voir. Avec les travaux beaucoup d’espaces sont fermés, comme la serre amazonienne et ça fait déjà un moment", livre le couple.
Tous y vont de leurs recommandations : "il faudrait créer des zones d’ombre", "des points d’eaux" ou encore "un espace plus ludique pour les enfants".
"Moi je préfère les girafes mais elles sont déjà parties", murmure une petite fille de 6 ans. "Je suis triste pour les enfants. Mais ce qui doit être fait, c’est une bonne chose", assure sa grand-mère, Patricia, convaincue.
Quels sont les travaux prévus ?
Si les travaux ont déjà commencé depuis 2025, laissant des espaces inaccessibles au grand public, le zoo fermera le samedi 1er août. Avec une interdiction d’accès prévue de 29 mois et un budget de rénovation de 27, 7 millions d’euros, il devrait rouvrir ses portes dans la seconde moitié de 2028, en conservant sa gratuité. Les travaux continueront toutefois jusqu’en 2031.
Création d’une grande plaine africaine de 2 hectares, rénovations des chemins et zones de repos : les projets sont multiples. Le parc devrait être réorganisé avec la création d’espaces mixtes pour reproduire les conditions de vie des animaux en milieu naturel. Il devrait aussi inclure de nouvelles espèces, et deux fois plus de pensionnaires, passant de 150 à 300 animaux. Il sera alors possible de contempler, en plus des espèces habituelles des suricates, des varis roux ou encore des antilopes rouannes, dont certaines dans le cadre d’un programme d’accueil d’espèces menacées d’extinction.
Tout cela s’inscrit dans le projet "Grand parc de Lunaret" qui vise à transformer ce lieu de 200 hectares en boucle piétonne. Une piste cyclable est prévue au cœur de celui-ci en plus d’un chemin d’accès PMR. Des voies d’accès piétonnes relieront le parc avec les espaces verts qui l’entourent dont le bois de Montmaur, la base nautique de La Valette, les berges du Lez, jusqu’au parc Méric.