France 31/07/2026 08:19 Actualisé le 31/07/2026 09:01

La chroniqueuse russe, accusée d’être un relais en France de la propagande du Kremlin, était déjà visée depuis mercredi par un arrêté ministériel d’expulsion.

Par Maëlle Roudaut avec AFP

La chroniqueuse russe Xenia Fedorova s’exprime sur CNews le 12 juillet 2026.

CNews Capture d’écran

La chroniqueuse russe Xenia Fedorova s’exprime sur CNews le 12 juillet 2026.

Elle est régulièrement accusée d’être la voix du Kremlin dans les médias français, en particulier dans ceux détenus par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Le gouvernement a gelé pour six mois les avoirs de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, selon un arrêté paru ce vendredi 31 juillet au Journal officiel.

Ce gel vise à prévenir de « nouveaux actes d’ingérence », a indiqué le ministère de l’Économie et des Finances. En effet, il doit permettre d’empêcher la mise à disposition ou l’utilisation « de fonds ou ressources économiques au profit de cette personne et des personnes morales ou de toutes autres entités qu’elle contrôle, détient ou qui agissent sciemment pour son compte ».

Ce gel, qui entre en vigueur dès aujourd’hui, est « renouvelable le cas échéant par la publication d’un nouvel arrêté », a précisé Bercy. L’avocat de Xenia Fedorova, Me Emmanuel Piwnica, a estimé que cette mesure « confirme l’acharnement à l’encontre de Mme Fedorova ». « Elle n’est pas mieux justifiée que son expulsion », a-t-il ajouté.

Déjà visée par un arrêté ministériel d’expulsion

La chroniqueuse était en effet déjà visée depuis mercredi par un arrêté ministériel d’expulsion. Elle est en effet accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France.

Depuis mercredi, la chroniqueuse pro-russe, qui intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l’hebdomadaire le JDNews, est donc assignée à résidence et doit pointer chaque jour au commissariat.

Xenia Fedorova a formé un recours contre cette procédure, et ses employeurs français, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé dans un communiqué « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression ».

« Propagande russe »

L’arrêté d’expulsion n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression », a affirmé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. « On est sur un sujet qui est très grave, qui est celui d’une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », a-t-il ajouté, accusant Xenia Fedorova de ne faire que « relayer la propagande russe » sur le territoire français.

Xenia Fedorova défend en effet régulièrement les positions du Kremlin dans les médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Par le passé, elle a aussi été la patronne de la chaîne russe RT en France, interdite dans l’UE depuis mars 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Fin mai, une vive polémique avait été déclenchée après la révélation de la prolongation en 2024 pour dix ans de son titre de séjour, et un article du Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur Vincent Bolloré.