« C’est la voiture dont je rêve depuis plus de douze ans » : ces passionnés de bolides japonais se réunissent chaque mois pour exposer leurs modèles fétiches et partager leur amour de l’automobile
Alors que certains encourageaient les Bleus devant leur télévision lors du match France - Norvège, d’autresexposaient leurs moteurs sur le parking du Super U de Pégomas. Les Subaru bleues se garaient près du portail d’entrée, tandis que Toyota, Nissan et Mitsubishi prenaient place un peu plus loin, chacune aux côtés de ses semblables.
Comme chaque vendredi, une fois par mois, de 20 h 30 à minuit, le parking se transforme en véritable lieu de rassemblement pour les passionnés d’automobile. Au fil de la soirée, il se remplit de dizaines de véhicules japonais et de curieux venus admirer les mécaniques.
Leur point commun ? Leur passion pour les véhicules japonais, qu’ils soient à quatre ou à deux roues. À l’origine de ce rendez-vous, l’association Kurum Azura, officiellement créée en 2019, mais dont l’histoire remonte à plus de quinze ans.
« Une culture à part entière »
Pas question ici d’exécuter des rupteurs, des burns ou des drifts (1), mais simplement d’exposer son véhicule et d’échanger avec d’autres amateurs ou simples curieux attirés par les carrosseries brillantes des automobiles nippones.
Viatre / Kurum Azura
Pour beaucoup, cette passion est née au contact de proches ou grâce aux jeux vidéo, à l’image de Thomas et Jiliane, les coprésidents de l’association.
« Les voitures japonaises représentent une culture à part entière, fortement popularisé par Need for speed underground ou Forza Motorsport. Au Japon, la culture du drift en montagne [le Tōge] sont ancrées dans les gènes. Ce sont des véhicules globalement très fiables et très facilement modifiables, à l’image de la Toyota Supra ou de la Nissan GTR, qui ont été reconnues dans de très nombreuses disciplines automobiles », contextualisent-ils, bracelets luminescents autour du bras pour être visibles des participants.
Provoquer la rencontre
Le duo se lie alors d’amitié et décide, au départ des précédents organisateurs, de reprendre les rênes de l’association. Avec l’accord du supermarché et de la mairie, les deux passionnés installent ponctuellement le rassemblement sur le parking du Super U, situé route de la Fènerie à Pégomas.
« Notre but, c’est d’avoir un lieu où les passionnés peuvent se rencontrer, faire connaissance, parler des modifications des voitures, et surtout de façon encadrée, pour qu’il n’y ait pas de débordement », précisent-ils, avant d’ajouter : « C’est bonne ambiance même si tu t’y connais pas en voiture. On a parfois des petits couples de personnes âgées qui viennent juste pour faire leurs petites balades »
À chaque rassemblement, quatre membres de l’équipe assurent l’organisation. Ils orientent les véhicules à leur arrivée, veillent au bon déroulement de la soirée et assurent notamment la surveillance du site.
Parmi eux, Coralie, « jeune recrue » de Kurum Azura, a rejoint l’association en mars dernier. « J’ai quitté la région parisienne il y a six ans, où j’organisais déjà des rassemblements de Japonaises, toujours de jour. »
« Devine ce modèle de Mitsubishi »
Heureuse propriétaire d’une Mitsubishi Lancer Evolution 4, « commercialisée uniquement au Japon. C’est la voiture dont je rêve depuis plus de 12 ans ! », pointe-t-elle du doigt un modèle identique au sien un peu plus loin.
Garée et parmi les modèles populaires, la Toyota GT86 ne loupe jamais d’attirer le regard. « C’est une voiture qui est assez répandue dans notre communauté parce que c’est un coupé propulsion fiable abordable. qui se pilote très facilement et qui se modifie énormément », développe Jiliane.
Viatre / Kurum Azura
Sur place, les passionnés, qui viennent parfois de départements limitrophes, déambulent d’une allée à l’autre. Certains échangent devant des capots ouverts, d’autres prennent des photos, un appareil à la main, à l’image de Kamila, photographe de l’association connue sous son nom d’artiste Viatre.
Quelques visiteurs arpentent le parking avec une boisson ou un sandwich, scrutant chaque détail des véhicules exposés. « Devine ce modèle de Mitsubishi », lance l’un d’eux au détour d’une allée, le regard rivé sur l’une des voitures stationnées.
« J’adore cet univers depuis que j’ai 20 ans »
Marion, accompagnée de son fils, en est à sa deuxième visite. « J’étais venue le mois dernier pour la première fois. Je les suivais déjà depuis un moment en tant que passionnée de voitures et de motos japonaises. J’adore cet univers depuis que j’ai 20 ans, c’est un moment de détente d’être ici », sourit-elle.
Vers le fond du parking, Marlon échange avec des amis à proximité de sa Toyota Celica ST165 turbo de 1988 dans sa couleur d’origine rouge, éditée à moins de 3 000 exemplaires en Europe.
Elle est la première de la marque en quatre roues motrice avec un moteur [en fonte] turbo. « Je l’ai ramenée d’Allemagne. Elle a à 80 000 km et il faut savoir que sur le marché mondial actuellement, il n’y en a que six à vendre. » Tombé dans la marmite des quatre-roues grâce à son père, carrossier peintre, il espère créer bientôt sa société d’achat et de revente de voiture qu’il aura remis à neuf.
Les rassemblements sont donc des opportunités de dénicher des pièces qui ne se trouvent plus sur le marché. « Si, aujourd’hui, nous recherchons une pièce spécifique, on est sur des prix parfois exorbitants. Pour le moteur, cela peut être compris entre 5 à 7 000 euros. Pour un bas de caisse, on n’en trouve plus. Il faut faire jouer les contacts. »
Pour plus d’informations sur les prochains rassemblements : leur site web et leur page Instagram.
1. Le drift est une technique qui consiste à faire glisser volontairement l’arrière du véhicule dans un virage ; le burn consiste à faire tourner les roues motrices sur place jusqu’à ce qu’elles patinent ; le rupteur est un système électronique qui empêche le moteur de dépasser un certain nombre de tours par minute provoquant un bruit caractéristique.