En période de canicule, de nombreux Français ont l’impression que les fourmis ont soudainement envahi leur cuisine, leur salle de bains ou leur terrasse. Une file apparaît près de l’évier, quelques ouvrières circulent le long des plinthes et, en quelques heures, toute une colonne semble connaître le chemin de la maison.

On pourrait croire que les colonies se sont multipliées avec la chaleur ou qu’elles cherchent davantage de nourriture. Mais, comme l’expliquent Ouest-France et Charente Libre, leur présence soudainement envahissante dans les logements vient surtout du manque d’eau.

La canicule pousse les fourmis à chercher de l’humidité dans les maisons

Contrairement à ce que laissent penser les nombreux témoignages publiés sur les réseaux sociaux, les populations de fourmis ne connaissent pas forcément une explosion soudaine. L’entomologiste François Meurgey l’explique clairement : « On n’observe pas une augmentation des populations de fourmis, mais un changement de comportement dû à la chaleur, indique l’entomologiste au Muséum à Nantes. Comme le sol est chaud, elles se déplacent pour trouver de l’eau. On les observe donc dans les jardins ou dans les logements. Les ouvrières vont aller plus loin. On les voit là où on ne les voyait pas avant. Des colonies au fond du jardin peuvent alors devenir visibles. »

Lorsque la terre se dessèche, les ouvrières doivent allonger leurs trajets pour assurer la survie de la colonie. Elles entrent alors dans des pièces où elles savent pouvoir trouver un peu d’humidité. « Elles recherchent des zones plus fraîches et humides. Elles rentrent donc dans les maisons car elles vont par exemple forcément trouver une goutte d’eau dans une cuisine. C’est un besoin vital. J’ai donc plein d’exemples de gens qui se retrouvent avec des fourmis chez eux. Cela concerne à peu près toutes les espèces. » Elles ne viennent donc pas uniquement pour les aliments sucrés : une douche encore mouillée ou une gamelle remplie peut suffire à les attirer.

Fourmis dans la cuisine : oubliez les miettes, leur invasion vient de 3 zones que l'on néglige toujours © Reworld Media

Les fourmis ne cherchent pas forcément de la nourriture pendant la canicule.

Avec la canicule, toutes les fourmis ne profitent pas forcément de la chaleur

Les températures élevées peuvent favoriser l’activité et la reproduction des insectes, mais seulement jusqu’à un certain point. Les fourmis apprécient généralement davantage un temps chaud et sec que des périodes froides et très humides. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles supportent toutes les chaleurs. « Si on dépasse les 35 degrés, les œufs meurent. Au-delà d’une certaine température, les plantes ne poussent plus, les animaux meurent… » Une chaleur extrême peut donc finir par fragiliser les colonies au lieu de les aider.

Plusieurs espèces peuvent être observées près des habitations, notamment la fourmi rouge et la fourmi noire, appelée Lasius niger. Leur présence ne signifie pas systématiquement qu’une espèce invasive s’installe dans le quartier. Certaines ont simplement modifié leurs habitudes. Le réchauffement pourrait toutefois faciliter l’arrivée d’espèces adaptées aux températures élevées. « Il y a la fourmi folle d’Argentine qui arrive. Avec le réchauffement climatique, les insectes aimant la chaleur vont s’installer chez nous. »

Invasion de fourmis © Shutterstock

En période de canicule, les fourmis cherchent surtout des coins humides.

Pendant la canicule, quelques gestes limitent leur entrée dans le logement

Pour réduire leur passage, il faut commencer par supprimer les petites réserves d’eau accessibles. Après usage, il vaut donc mieux sécher l’évier, le bac de douche et les surfaces humides. Il faut également surveiller la condensation sous les meubles, les coupelles de plantes trop pleines et les tuyaux de climatisation qui laissent tomber de l’eau. La nuit, les gamelles des animaux peuvent être vidées ou moins remplies.

Les fourmis peuvent se glisser dans une ouverture de seulement 0,4 millimètre. Refaire un joint abîmé, colmater le passage d’un tuyau ou vérifier le bas des portes permet donc de fermer leurs principaux accès. Un mélange composé pour moitié d’eau et pour moitié de vinaigre blanc, éventuellement complété par cinq gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée, peut être pulvérisé sur les plinthes et autour de l’évier pendant trois ou quatre jours. Si les maisons semblent soudain plus fréquentées, ce n’est donc pas parce que les fourmis ont décidé de déménager chez nous : elles viennent simplement y chercher le point d’eau devenu introuvable dehors.